09/02/2019

Titan noir, de Florence Aubry

Titan noir - Florence Aubry




Rouergue
4 Avril 2018
12.50 €









Employée dans un parc océanographique, Elfie, 18 ans, devient rapidement dresseuse d'orques. Mais alors qu'elle nous raconte sa relation privilégiée avec l'une d'entre elles, Titan Noir, une autre voix dresse un panorama terrifiant de ces parcs... et nous dévoile l'identité réelle de cette orque.
Inspiré de l'histoire d'un vrai cétacé, le roman de Florence Aubry s'inscrit dans les campagnes actuelles appelant à la fermeture des parcs aquatiques, où le spectacle de divertissement repose sur la captivité et la souffrance des animaux.
Un roman bouleversant sur la condition animale.




Un livre qui me tentait énormément !
Elfie est une jeune fille de 18 ans, qui vient d'être embauchée dans un parc océanographique, d'abord dans le but d'accueillir les visiteurs et de travailler à la caisse. Mais, rapidement, elle va faire partie de l'équipe des soignants puis des dresseurs d'orques. Elle va notamment s'occuper de Titan Noir, avec lequel elle va nouer ce qu'elle pense être une relation « privilégiée ».
En contrepoint de l'histoire d'Elfie, nous allons entendre une autre voix, qui dresse un portrait bien différent de ces parcs, et qui va nous dévoiler peu à peu la véritable histoire de Titan Noir.
Pour écrire Titan noir, Florence Aubry a été inspirée par le documentaire Blackfish, un documentaire sorti en 2013 et centré sur la vie de l'orque Tilikum du parc aquatique SeaWorld. Même si Blackfish n'est pas parfait, cela reste un documentaire à voir absolument, et présente des images ou des séquences qui peuvent choquer.


Pour en revenir à Titan noir, j'avais appris sa sortie et je m'y étais immédiatement intéressée, étant donné que j'avais vu Blackfish, mais surtout parce que la cause animale est importante pour moi. Je ne suis pas végétarienne, mais je tente par exemple de réduire ma consommation en viandes, d'acheter peu, et surtout je tente d'être la plus responsable possible. Je ne peux pas me passer de viande mais je fais attention à cela. Je fait aussi des dons lorsque cela m'est possible financièrement à des organismes luttant pour la protection des animaux, j'utilise aussi le moteur de recherche Internet Lilo qui reverse 50 % de son chiffre d'affaire à des projets choisis par les utilisateurs. Ainsi, je peux aider des associations comme la SPA ou WWF. Des petites actions, à ma faible mesure, mais en attendant que je sois millionnaire ou que j'ai un groupe de personnes prêtes à m'aider à relâcher les orques des centres aquatiques pour les relâcher dans un meilleur environnement, c'est déjà quelque chose !

J'étais déjà contre les parcs aquatiques – et encore plus après avoir vu Blackfish – mais Titan noir a enfoncé le clou encore davantage. Florence Aubry a fait de ce livre un véritable plaidoyer contre l'exploitation des orques, et de tout les animaux par extension, que ce soit les manchots, les otaries, et bien d'autres... C'est une lecture qui prend aux tripes et dont on ne ressort pas indemnes. Elle est également d'actualité, que ce soit à cause du destin de Tilikum et des innombrables autres animaux utilisés pour l'amusement des spectateurs, mais aussi sur comment ces animaux sont traités, hors de vue des spectateurs. Et, au-delà de ça, c'est aussi un combat contre l'utilisation des animaux, quelle que soit leur espèce, et cette inhumanité de l'être « humain » contre autres êtres vivants.



C'est en lisant ce genre de livre, qui retourne l'estomac, qui fait bondir et réfléchir, que je suis vraiment malade d'être un être humain. Les exemples sont innombrables des choses atroces que l'être humain fait aux autres (les premiers exemples qui me vienne sont par exemple l'esclavage et l'antisémitisme), mais lorsque cela concerne d'autres espèces, c'est tout aussi horrible. En l'état actuel, la planète Terre va très très mal – et à cause de qui, hum ? Je me demande dans quel état elle sera d'ici 50 ans, 100 ans... Lorsqu'on voit le nombre d'espèces en voie de disparition, ou disparue, c'est effrayant. Selon WWF, plus de la moitié des animaux sauvages ont disparu de la terre en 44 ans. Je répète : PLUS DE LA MOITIÉ DES ANIMAUX SAUVAGES ONT DISPARU DE LA TERRE EN QUARANTE-QUATRE PUTAIN D'ANNÉES. Vous ne me voyez pas derrière mon écran, mais là je suis en train de maudire l'être humain. Franchement, je vous le dis, si un jour la Terre décide de nous faire un scénario similaire à ce que l'on peut trouver dans la saga Autre-Monde de Maxime Chattam et de se débarrasser de l'être humain, je ne viendrais pas pleurer sur nous.

Désolée pour l'emportement, mais c'est le genre de sujet sur lequel je part très vite. Pour ne parler que des orques, par exemple, vu que c'est le sujet de Titan noir. Ce sont des êtres vivants exceptionnels, magnifiques et incroyablement passionnants et encore très méconnus. Par exemple, ils ont des liens sociaux extrêmement fort, beaucoup plus forts et complexes que ceux de n'importe quels mammifères, l'homme y compris. Le groupe est tout pour eux : lorsque vous voyez un groupe d'orques, c'est principalement les membres d'une même famille. Alors, le fait de savoir cela et le fait que lorsque les orques sont attaqués dans la nature par les chasseurs qui ciblent les jeunes pour les revendre aux parcs... Il y a de quoi bondir encore plus haut ! Et quand des jeunes naissent dans les parcs, il arrive – quotidiennement – que les jeunes soient un jour séparés de leur mère et envoyés dans d'autres centres... On distingue plusieurs races d'orques, et parmi ces races il y a plusieurs sous-espèce. Et selon l'endroit de la planète où ces orques habitent, ils peuvent avoir un langage différent. Donc, un orque habitant à tel endroit ne pourra pas communiquer avec un autre orque habitant à un autre endroit. Et les propriétaires des parcs aquatiques s'en moquent comme de leurs premières chaussettes : ils achètent, échangent, déplacent des orques à leur guise. Non seulement ils emprisonnent des êtres vivants dans des piscines, mais en plus ils bouleversent complètement leur groupe d'appartenance. Et ces centres sont d'excellents menteurs lorsque ils racontent des choses sur le comportement des orques, notamment sur leur durée de vie : pour eux, un orque vit plus longtemps en captivité, parce qu'il est « soigné » et « bien traité », ce qui est absolument faux. En captivité, les orques vivent environ 20 à 30. Dans la nature ? Oh, ils ont une durée de vie similaire à celle de l'être humain, soit entre 80 et 100 ans, pour arrondir. Et pour ce qui est de la nageoire dorsale ? 100 % des nageoires des orques mâles se plient sur le côté lorsqu'ils sont captifs. Pour ceux en liberté ? Cela arrive à environ 1 % des adultes mâles...
NON, VRAIMENT, TOUT VA BIEN, PAS DE SOUCIS.


Je me suis vraiment lâchée dans cette chronique, damn... Mais c'est un sujet qui me porte vraiment à cœur, et je remercie Florence Aubry d'avoir écrit ce livre. C'est avec ce genre de choses, entre autre, que l'on arrivera – j'espère – à faire évoluer les mentalités !






Chronique en + : l'avis de Les pages qui tournent !

16 commentaires:

  1. Super, géniale, vibrante chronique, BRAVO !!! Je t'approuve à 10000%. Ce sujet me parle énormément. Si seulement les gens pouvaient ne plus mettre les pieds dans les parcs aquatiques ce serait vite réglé, bon sang de bonsoir ! Chaque billet acheté, et chaque spectateur dans les gradins, cautionnent ces pratiques horribles ^_^ MERCI pour ce coup de coeur livresque hautement nécessaire !!! :) J'espère que ce roman ouvrira les consciences...

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    1. J'espère également que ça va ouvrir quelques consciences !!
      Merci pour ton commentaire ♥♥

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  2. Oh c'est vrai que c'est un sujet vraiment passionnant ! Je ne connaissais pas du tout celui ci !

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  3. Fioou merci pour ton article, je comprends ton emportement... L'humain est parfois une belle ordure...
    J'aime les orques depuis que je suis toute gamine (coucou Sauvez Willy !), du coup je sais même pas si j'arriverai à lire ce roman, ça me ferait vraiment trop mal au cœur je crois T_T

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    1. Je crois qu'on est toute une génération à avoir été marqués par Sauvez Willy :D

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  4. Je ne connaissais pas mais je suis vraiment intriguée mais en même temps j'ai un peu peur, le sujet risque de me bouleversée...

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    1. Je te confirme, j'ai trouvé pour ma part le sujet vraiment prenant et touchant !

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  5. Une très belle chronique ! ^^ Tu m'as convaincu :)

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  6. Je suis plutôt d'accord avec toi ! on sent toute ta conviction dans cet article :-)
    Il y a un parc aquatique pas loin de chez moi et en plus, quand tu vois le prix d'entrée... je trouve que les gens pourraient mettre l'argent dans d'autres visites que celle-là !
    Sinon le livre a l'air très intéressant.

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    1. Le livre est vraiment intéressant, je te le conseille !

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  7. Ce livre m'intéresse beaucoup parce que je suis également très sensible à la cause animale. C'est pourquoi, pour mon Master par exemple, j'avais écris un de mes mémoires sur "La protection des grands félins dans le monde". Je te conseille de suivre le travail d'IFAW qui fait énormément de choses pour protéger la faune sauvage. Il me semble que la nageoire dorsale des orques penche sur le côté en fonction de leurs réserves de graisse. Plus ils doivent puiser dans leurs réserves et plus elle penchera. C'est un peu comme les bosses des chameaux ou des dromadaires.

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    1. Ca devait être très intéressant, ton master ! Je note pour IFAW :)

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  8. Merci pour ta chronique. Elle est vraiment très jolie et très sensible.
    Je comprends ton emportement sur ce sujet et me note ce livre immédiatement.

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