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26/04/2018

Femmes & Filles, de Elizabeth Gaskell

Femmes & Filles - Elizabeth Gaskell



L'Herne
26 Mai 2005
15.00 €








Ce roman d'amour sur fond de scandales et d'intrigues se déroule dans l'Angleterre rurale de la fin des années 1820.
Il met en scène Molly, la fille rebelle d'un médecin de campagne, les aristocrates locaux qui, depuis l'imposant château de Cumnor Towers, règnent en maîtres absolus sur ce coin perdu des Midlands, les notables, les domestiques, les paysans, les animaux mais c'est avant tout la nature humaine dans la toute-puissance de ses pulsions et de ses désirs si impitoyablement réprimés par la société victorienne qu'Elizabeth Gaskell place au centre de la trame.
Avec un art de la subversion qui lui est propre et une sensualité envoûtante elle nous transporte dans un univers bruissant de robes en taffetas et de commérages meurtriers, de hennissements de chevaux et de soupirs d'amour, où les femmes et les hommes sont aux prises avec l'ordinaire mystère de la vie.



25/03/2016

Le Professeur, de Charlotte Brontë

Le Professeur

Charlotte Brontë




L'essentiel de l'intrigue du Professeur se déroule à Bruxelles où William Crimsworth, le personnage principal et narrateur à la première personne du récit, devient, après une première expérience dans un pensionnat de garçons, instituteur dans le pensionnat voisin pour jeunes filles dirigé par Miss Zoraïde Reuter.
Orphelin de père et de mère, il a quitté son Angleterre natale pour trouver sa voie.



Après avoir lu quelques livres de la famille Brontë, je me décide à attaquer ceux que je n'ai pas encore lus. Parmi ces livres, j'ai jeté mon choix sur Le Professeur.
Le Professeur retrace la vie de William Crimsworth, son arrivée dans une école et donc sa carrière de professeur, d'abord pour de jeunes garçons, ensuite dans une école de jeunes filles. Nous allons avoir accès à ses pensées, d'abord concernant son travail et sur le fait d'enseigner à des femmes, mais également sur sa relation avec la directrice de l'école et avec une jeune femme enseignant la couture.
Si j'ai apprécié ma lecture de Shirley et de Villette, eu un immense coup de cœur pour Jane Eyre, je pense que Le Professeur est le roman de Charlotte Brontë que j'ai le moins aimé. Ce n'est pas tant l'écriture, qui est toujours magnifique, mais plus la description des personnages, notamment celui de William. C'est un homme qui a une haute estime de lui-même, très fier, presque arrogant. Malgré sa volonté de se démarquer de sa famille et de ses tendances aristocratiques, il n'en reste pas moins satisfait de sa position et de son lignage. La façon de décrire m'a presque choquée, notamment lors de ses leçons avec ses élèves féminines. La plupart sont décrits soient comme de belles femmes mais sottes ou manipulatrices, ou alors sont intelligentes mais disgracieuses. Un point auquel j'ai eu du mal à m'habituer, je l'avoue !
Malgré tout, Le Professeur reste un livre que j'ai pris plaisir à lire, surtout pour la façon d'écrire de Charlotte, qui est juste magistrale. Mais aussi pour la description de deux personnages : Hunsden, souvent ironique, très décalé, il m'a beaucoup amusé ; et ensuite Frances Henri, une petite personne calme et intelligente, qui n'a pas peur de tenir tête aux hommes pour défendre son point de vue.
Le Professeur est différent des autres livres que j'ai lu de Charlotte Brontë : moins développé, plus court, assez inégal au niveau du traitement des personnages, mais qui reste un livre à lire, rien que pour découvrir ou pour prolonger sa découverte de cette auteure ! Publié à titre posthume, cette histoire est fondée sur l'histoire vécue par Charlotte alors qu'elle vivait à Bruxelles en 1842, où elle étudiait le français dans un pensionnat.
Donc, sans être le meilleur, je recommande malgré tout ce titre, très révélateur de cette époque, mais surtout pour la plume inimitable de Charlotte !



Chronique en + : l'avis de La bouteille à la mer !



07/01/2016

Loin de la foule déchaînée, de Thomas Hardy

Loin de la foule déchaînée

Thomas Hardy





Jeune femme d'une grande beauté et au caractère impétueux, Batsheba Everdene hérite à vingt ans d'un beau domaine, qu'elle dirige seule.
Quand un incendie se déclare dans sa propriété, un ancien soupirant ayant connu des revers de fortune, Gabriel Oak, apporte une aide précieuse pour sauver ses récoltes. Elle lui procure un emploi parmi ses gens, mais devient l'élue de deux autres prétendants, bien décidés l'un et l'autre à obtenir sa main.
Oak s'avérera quant à lui d'une étonnante fidélité...



Je connaissais ce livre de Thomas Hardy seulement de nom. Mais après avoir vu le film, je me suis dit qu'il était peut-être temps de découvrir le roman !
Epoque Victorienne. Batsheba Everdene est une jeune femme d'une vingtaine d'années, très belle et avec un fort caractère pour une femme de cette époque. Lorsqu'elle hérite d'un domaine, elle décide de leur diriger seule. De son côté, Gabriel Oak est un fermier, qui a perdu son troupeau lors d'un accident, et qui avait précédemment proposé le mariage à Batsheba. Elle l'avait refusé, préférant garder son indépendance. Par hasard, Gabriel, lors de ses errances pour trouver un travail, sauve les récoltes de Batsheba, qui va lui donner un emploi. Les deux jeunes gens vont commencer une nouvelle relation, de maitresse à travailleur. Une relation qui n'est pas dépourvu de respect, étant donné que Gabriel est l'un des rares hommes à lui inspirer confiance et à pouvoir la conseiller. Deux autres hommes vont rapidement se disputer les faveurs de la jeune femme : le sergent Franck Troy, sûr de lui, séducteur, l'homme qui fait tourner la tête à toutes les filles ; et William Boldwood, un homme plus vieux d'une dizaine d'années, une personne de confiance, et possédant les terres voisines à celle de Batsheba. Deux hommes différents, deux relations différentes.
Comme toujours, Thomas Hardy nous dresse des portraits de personnages frappant de vérité. Batsheba est une jeune femme très déterminée, bien consciente des barrières élevées par sa condition de femme. Elle avance cependant sans faillir – ou presque. Très souvent sûre d'elle, elle va rapidement se frayer son chemin. De son côté, Gabriel est un homme très simple, sans arrière-pensées. Généreux de nature, il n'aspire qu'à aider et à se tenir aux côtés de Batsheba. On ne peut pas faire autrement qu'aimer ce personnage ! William Boldwood est l'autre homme que j'ai préféré : il aime Batsheba mais ne va pas tenter de tirer profit de la situation ou exercer une pression sur elle. Patient, déterminé, clairvoyant, il est à la fois sage mais aussi très triste, et sa vie m'a souvent tiré des soupirs de compassions. De son côté, Franck Troy est bien le personnage qui m'a le plus déplu, surtout pour son attitude désinvolte. Il se plait à jouer avec les sentiments des personnes qui l'entoure, il a de nombreuses failles qui peuvent émouvoir mais qu'il considère comme des faiblesses, il peut être charmant mais à son profit... Avec Troy et Boldwood, Thomas Hardy décrit à la fois la passion et l'amour fou, confronté à l'équilibre et l'assurance que peut donner l'estime.
En plus des personnages, Thomas Hardy nous montre de magnifiques paysages, notamment de la campagne anglaise, nourrit par des hommes désireux de s'occuper de leur pays, de leur terre et de leurs animaux. Un amour omniprésent de l'homme pour son environnement imprègne Loin de la foule déchaînée, le transformant en une ode à la Nature. C'est un auteur qui manie les mots avec brio et énormément de talent, j'ai été captivée du début à la fin par sa plume, son écriture et la façon dont il a campé personnages et histoires. Pour avoir lu précédemment Jude l'Obscur et Tess d'Urberville, je m'attends à un récit très sombre, très poignant... Mais, heureuse surprise, Loin de la foule déchaînée a beau être parfois violent ou dur, il n'est pas dénué d'espoir, de bonheur, et j'avoue ne pas avoir fini avec les larmes ou la boule au ventre ! C'est de loin le moins triste, le plus heureux livre que Thomas Hardy ait écrit, du moins dans ceux que j'ai lu !
Loin de la foule déchaînée est un roman magnifique, que je ne peux que vous encouragez à lire !



Chronique en + : l'avis de Lavinia !

30/12/2015

Un chant de Noël, de Charles Dickens

Un chant de Noël

Charles Dickens



Lu dans le cadre du challenge Un mois = Une consigne.

(Mois de décembre)


Le soir de Noël, un vieil homme égoïste et solitaire choisit de passer la soirée seul.
Mais les esprits de Noël en ont décidé autrement. L'entraînant tour à tour dans son passé, son présent et son futur, les trois spectres lui montrent ce que sera son avenir s'il persiste à ignorer que le bonheur existe, même dans le quotidien le plus ordinaire.



Ebenezer Scrooge est un vieillard avare et aigri, refusant toute joie et bonheur, et faisant fuir toutes personnes cherchant à lui parler. Le soir de Noël – une fête qui ne lui inspire que du mépris – et après avoir refusé l'invitation de son neveu il reçoit la visite de trois spectres.
Un chant de Noël est sans doute l'un des contes les plus connus, déjà pour la réputation de son auteur mais surtout pour toutes les adaptations qui ont été faites. On connait l'histoire, mais qui a déjà pris le temps de lire l'histoire d'origine ? C'est maintenant chose faite pour moi !
Avec Un chant de Noël, Charles Dickens nous fait retomber en enfance et revivre cette période magique, attendue par tellement de personnes. Malgré le fait que je sois « adulte », je reste toujours autant attirée par cette période : partage, chaleur banquet, cadeaux... Comment ne pas aimer ? Il y en a bien quelques-uns, comme Scrooge ! Et pour lui, l'apparition de ces trois spectres lui montrant son passé, son présent et son futur sera révélateur. Le bonheur existe, et Scrooge va finalement en prendre conscience. De personnage aigri, misanthrope, désagréable, il va finalement changer du tout au tout !
Un chant de Noël se révèle être un conte à la fois amusant et effrayant par moment, mais surtout empreint de la magie de Noël avec une morale : il n'est jamais trop tard pour décider d'être heureux et de faire le bien autour de soi ! Ce petit conte est très court, très facile à lire et il devrait toucher les grands et les petits !
Alors, joyeux Noël et surtout bonne année, même aux Scrooge !



Chronique en + : l'avis de Mlle Alice !

25/05/2015

Les amoureux de Sylvia, d'Elizabeth Gaskell

Les amoureux de Sylvia

Elizabeth Gaskell



1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la population, kidnappent de force pour servir le Roi.
L'héroïne, Sylvia Robson, seize ans, fille unique de fermiers locaux, est une jolie sauvageonne, follement aimée par son terne cousin, Philip Hepburn. Arrive un harponneur audacieux et généreux, qui tombe amoureux d'elle et chavire son cœur. Hélas, les recruteurs vont bouleverser ces vies... Le caractère de Sylvia, fait pour l'insouciance et la légèreté, se trempe et prend une envergure dont personne ne l'aurait cru capable.
Dans ce grand roman victorien, Elizabeth Gaskell montre les passions à l'œuvre chez des gens ordinaires, et décline sur plusieurs tons le thème de l'amour frustré. Plongés dans une tourmente qui les dépasse, les personnages sont livrés à la violence de leurs sentiments, qui fait écho à celle de l'Histoire.



Après ma découverte et mon immense coup de cœur pour Nord et Sud, je me suis plongée avec intérêt dans la suite de la biographie d'Elizabeth Gaskell.
En 1796. La guerre fait rage, notamment entre la France et l'Angleterre. Les provinces les plus éloignées d'Angleterre sont également touchées, notamment à travers la présence des sergents recruteurs, kidnappant de force tous les hommes en condition pour servir le Roi.
Sylvia Robson est au départ une jeune fille peu touchée par ces événements. Elle est plus attirée par sa vie quotidienne ou par le fait de se choisir un manteau neuf. Mais très vite, elle va se retrouver au cœur de la tourmente, notamment à cause des histoires de son père, des décès occasionnés par la guerre ou des disparitions à cause des recruteurs, mais surtout par son attirance envers Charley Kinraid, un baleinier. Une rencontre qui la changera pour longtemps !

Dès le début, Elizabeth Gaskell montre que son plus grand talent est d'écrire une histoire intéressante avec un contexte politique fort, discret mais bien présent. Mais surtout de décrire toute une vie, dans des décors magnifique, avec des personnages vraiment très nuancés et incroyablement intéressants.
Comme l'annonce le titre, Les Amoureux de Sylvia tournent beaucoup de Sylvia et de ses amours. Elle est très vite attirée par Charley Kinraid, d'abord une admiration de jeune fille pour un marin courageux, avant de se muer en sentiments plus tendres. De son côté, le baleinier semble également attiré par la jeune fille, mais est-il vraiment quelqu'un à qui on peut se fier ? Ces sentiments sont bien vus par son père, ancien marin, tandis que sa mère préférerait que sa fille épouse son cousin Philip, qui se meurt d'amour pour Sylvia. Que de romances contrariées !
Car si j'avais peur au début que ces histoires d'amour ne prennent trop de place, au contraire ! Une fois immergée dans le livre, on est autant interpellés par ces questions que par la vie plus quotidienne de Sylvia et par le contexte social de cette époque mouvementée. Car contrairement à Jane Austen, Elizabeth Gaskell, comme dans Nord et Sud, ne se contente pas de montrer un bel homme en uniforme qui fait craquer toutes les filles et une guerre vraiment très peu esquissée. Non, elle décrit avec habileté et beaucoup de profondeur tous les ravages de la guerre, les séparations, le deuil, l'horreur... Elizabeth Gaskell montre comment les personnes ordinaires pouvaient vivre en ce temps, cette guerre a touchée tout le monde et à différents degrés.
Je pense que si je n'avais pas autant aimé Nord et Sud, j'aurais eu davantage de mal à rentrer dans Les amoureux de Sylvia. La première centaine de pages demande une certaine adaptation avant de rentrer vraiment dans le récit. Même si ce n'est pas, au final, un coup de cœur, c'est quand même un roman qui m'a marquée et que je relirai avec plaisir. Si j'ai aimé, c'est parce qu'Elizabeth Gaskell reprend des éléments qui m'avait fait aimer Nord et Sud : l'amour contrarié, vraiment très différent ici et beaucoup plus sombre, un contexte politique dur et intéressant, mais surtout une histoire mouvementée et pleine de rebondissement. Les différents personnages sont également tous charismatiques, j'ai pris plaisir à suivre leur évolution. Notamment Sylvia, qui passe d'une gentille fille un peu écervelée à une jeune femme dure, presque brisée, mais capable d'aimer et de haïr passionnément, plus que ce que je ne l'en croyais capable au début ! Ensuite, Philip m'agaçait pas mal au début. Bon, il n'a pas la carrure d'un Mr Thornton, mais je dois avouer l'avoir apprécié de plus en plus au fil du roman. Mais tous évoluent, tous changent, tous sont différents les uns des autres, et tous sont intéressants !
Elizabeth Gaskell a une écriture et une plume que j'apprécie décidément de plus en plus, au fur et à mesure que je découvre ou relis ses romans. Elle se classe parmi mes auteurs classiques préférés, aux côtés de Jane Austen, les sœurs Brontë, Margaret Mitchell...
A lire !




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30/11/2014

Ruth, d'Elizabeth Gaskell

Ruth

Elizabeth Gaskell





Orpheline, la jeune et naïve Ruth est placée dans l'atelier de couture de Mrs Mason. Lors d'un bal, elle rencontre Henry Bellingham, un fils de bonne famille, avec qui elle noue bientôt une belle amitié, se muant en passion amoureuse, à rebours des conventions sociales.
Jugée « fille perdue », Ruth est congédiée. Elle se réfugie au Pays de Galles avec Bellingham qui l'abandonne dès qu'il apprend qu'elle est enceinte.
Tentée de se suicider, elle est recueillie par le pasteur Benson et sa sœur Faith, qui l'aiment et la respectent. La faisant passer pour veuve afin de lui éviter la disgrâce, ainsi qu'à son futur enfant, ils parviennent à la faire entrer au service d'un homme d'affaires, Mr Bradshow. Mais le retour de Bellingham menace son secret...
Avec Ruth, Elizabeth Gaskell trace le portrait émouvant d'une jeune victime de l'hypocrisie victorienne, toujours sûre de son bon droit et de ses préjugés.



J'ai déjà dévorée quelques livres de Mme Gaskell, dont Nord et Sud – mon coup de cœur absolu –, mais aussi Les amoureux de Sylvia, Cranford... Alors quand j'ai vu que Ruth allait faire l'objet d'une réédition dans la collection Archipoche (une branche des éditions de l'Archipel), vous imaginez bien que j'ai sauté sur l'occasion !
Dans ce roman d'Elizabeth Gaskell, on fait la connaissance de Ruth Hilton. Elle est devenue orpheline à ses seize ans, et a été confié à Mrs Mason, qui dirige un atelier de couture. C'est une femme très dure, qui dirige ses apprenties d'une main très dure, et Ruth est – on pourrait le comprendre – très triste et dépressive. Elle perd ses parents, elle se retrouve dans une situation où elle est rabaissée, elle n'a pas la moindre raison d'espérer que sa condition change en mieux.
Elle trouve une raison d'espérer lorsqu'elle rencontre Henry Bellingham, un fils de bonne famille. Elle voit d'abord à lui l'occasion d'avoir des rêves de beautés, puis un ami... Avant qu'ils n'entament une relation amoureuse, sans être mariés. Les conventions sociales vont être heurtées par cette relation, détruisant peu à peu ce qui unissait Henry et Ruth, déjà mis à mal par le côté mesquin d'Henry et par le sens moral de Ruth.
Rejetée, abandonnée, Ruth va aller seule dans le monde lorsqu'elle est congédié par Henry Bellingham. Anéantie, elle apprend qu'elle est enceinte. Anéantie peut-être, mais résolue à reconquérir son honneur et pour élever son fils dans un sens moral élevé. Heureusement qu'elle va trouver des bonnes personnes sur sa route, des personnes qui ne vont pas la rejeter. Elle va être recueillie par le pasteur Benson et sa sœur Faith, qui l'aiment et surtout la respectent. Ils vont la faire entrer au service de Mr Bradshow, en tant que gouvernante. Bellingham va évidemment refaire son entrée dans sa vie, et va la bouleverser profondément.
Ruth est sans conteste le roman religieux d'Elizabeth Gaskell. Dans l'Ancien Testament, le personnage de Ruth est la personnification même de la pauvreté et de l'humilité, ce qui est tout à fait conforme à la description de l'héroïne du roman. Grâce aux amis trouvés sur son chemin et grâce à sa droiture, Ruth va arriver peu à peu à reconquérir sa propre estime, celle des autres, mais aussi une certaine position sociale. Si elle était restée sous la houlette de Mrs Mason, elle serait restée une simple couturière. Mais en devenant la gouvernante de Mr Bradshaw, elle atteint un statut respectable, de même lorsqu'elle devient infirmière, une position qui la fait aimer des plus pauvres et des plus démunis. De jeune fille très naïve et innocente, elle devient une jeune femme, qui conserve une certaine innocence, mais qui comprend mieux la dureté de la vie et la bassesse de certains individus. Il y a eu péché à la base pour en arriver à cette position, mais un péché n'amène pas toujours que du mauvais. La droiture d'esprit de Ruth et l'enseignement reçu chez le pasteur vont la faire devenir meilleure et plus avertie. L'être humain est enclin à l'erreur, mais c'est une grande force que d'apprendre de ses erreurs et de là où on a péché. Échaudée, Ruth ne refera pas la même erreur et conservera toujours la même humilité face aux épreuves que la vie lui réserve. Mais certains ne sont pas disposés à apprendre, comme Henry Bellingham, qui est décidément un individu veule, sans honneur, et particulièrement détestable ! Le pasteur Benson et sa sœur Faith sont deux personnes particulièrement chaleureuses, des rayons de bonheur dans la vie de Ruth, au même titre que son fils. Bons ou détestables, il y a toutes les facettes chez les personnages décrits par Mme Gaskell !
Elizabeth Gaskell aborde des thèmes toujours aussi chers à son cœur, tel l'amour contrarié, la lutte des classes ouvrières, les femmes souvent démunies mais toujours forte d'une manière ou d'une autre, le déclassement qui peut arriver à n'importe qui... Ruth est un récit particulièrement fort, et qui ne peut pas laisser indifférent ! Après Nord et Sud, c'est mon autre chouchou ! On a beau lire les dernières pages le cœur gros et la larme à l'œil, il y a quand même une certaine forme d'espoir.
Ruth n'a pas été sans me rappeler Tess d'Urberville, de Thomas Hardy. Dans l'un comme dans l'autre, on a ce vil séducteur, prêt à tout pour séduire et plus une jeune fille innocente, qui se retrouveront toutes les deux enceintes... Et qui seront bien évidemment mis au ban de la société ! Après, les destins de ces deux personnages différent, mais je n'en dirais pas plus !
J'espère que Ruth vous plaira autant qu'à moi !


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05/11/2014

Villette, de Charlotte Brontë

Villette

Charlotte Brontë



Lucy Snowe, 14 ans, a développé une profonde affection pour le jeune Graham Bretton, fils de sa marraine. Leur attachement est mutuel, mais le père de Graham vient bientôt récupérer son fils...
Peu de temps après leurs adieux, Lucy doit quitter la maison. Après quelques hésitations, elle est engagée comme aide par Miss Marchmont, une dame handicapée. À la mort de celle-ci, pleine d'attentes et d'espoirs, Lucy prend un navire pour le royaume de Labassecour et sa capitale, Villette, où elle est employée comme institutrice à l'internat pour jeunes filles de Mme Beck.
Dans cette école, un certain Dr John rend souvent visite à la coquette Ginevra, dont il est amoureux. Mais on apprend que le Dr John n'est autre que Graham Bretton. Bientôt, Lucy et lui renouent...



Après lu Jane Eyre, je me suis intéressée aux autres œuvres de Charlotte Brontë.
Villette raconte l'histoire de Lucy Snow, une jeune femme origine d'Angleterre. Après sa vie chez sa marraine et la garde d'une vieille dame malade, elle décide d'aller tenter sa chance à Villette pour devenir professeur.
Villette est un roman très dense, avec une intrigue pour le moins captivante, mais c'est surtout un portrait de la société et des personnages vraiment très travaillés et acérés. Charlotte Brontë décrit avec précision les différentes sociétés qui se croisent à Villette, qu'elles soient de haute ou de moyenne condition, avec un jugement très sévère sur les jeunes femmes de bonne famille, qui n'attendent qu'un mari et sans le moindre souhait d'acquérir davantage d'éducation. La condition féminine, les choix et les métiers qui s'offrent à elle... Tout cela, Charlotte Brontë le décrit avec bio !
J'ai apprécié ce roman pour la touche encore plus personnelle que Charlotte Brontë lui a donné. L'auteur a, en effet, vécu un certain temps à Bruxelles, dans un pensionnat. D'abord étudiante, puis en tant que maîtresse d'anglais, son but était de parfaire ses connaissances et, à terme, de pouvoir créer son propre pensionnat de jeunes filles. Là-bas, elle a connu une grande passion avec un de ses professeurs, malheureusement marié. Cet amour secret aura de grandes répercussions sur la vie de Charlotte...
Villette est vraiment une excellente surprise, pour moi qui avait peur d'être déçue après l'immense coup de cœur qu'avait été Jane Eyre. Mais pour ne pas vous mentir, j'ai quand même toujours une préférence pour Jane Eyre ! En effet, je n'ai pas dévorée Villette d'un trait, sans jamais le lâcher. Il y a parfois des temps morts, des passages un peu moins « maitrisés » dans l'écriture... Mais je ne vois que ça, si je devais vraiment trouver des défauts à ce roman !
Les personnages sont la clé de voûte du récit. Lucy Snow est une jeune femme que j'ai trouvée à la fois ressemblante et différente de Jane Eyre. Elle a assez de cran pour partir dans un endroit inconnu, pour exercer un nouveau métier, avec des gens qu'elle ne connait pas. Mais en même temps, elle a une fragilité à fleur de peau, une faiblesse qui ne sera pas la même que pour Jane Eyre, ou peut-être plus visible et moins bien maîtrisée, tenue. Ensuite, Mr Paul Emmanuel est un professeur à la pension, qui va devenir l'un des amis de Lucy. Très différent de Rochester, il n'a pas le même charisme et la même prestance. C'est un petit personnage plus caricatural, mais dont les colères, parfois assez ridicules, m'ont beaucoup fait rire ! Ses dialogues et ses interactions m'ont interpellé, et les scènes où il apparait ne sont jamais ennuyeuses. Ce sont les personnages les plus marquants du récit, avec Mme Beck, la responsable de la pension, une femme à la fois antipathique et intéressante.
Par contre, pour avoir votre avis, il faut me pardonner, mais je vais faire un très gros SPOILER ! Alors, attention, ne lisez pas ce passage si vous ne voulez pas savoir la fin ! L'amour entre Lucy et Mr Paul Emmanuel va se développer peu à peu au cours du roman. Mais seulement voilà, à la fin de Villette, le professeur est parti aux Antilles et revient en bateau, qui coule... Alors est-il mort, ou est-il revenu pour épouser Lucy Snow ? Il y a débat sur cette question, et Charlotte Brontë a laissé cette fin volontairement vague, je pense. FIN DU SPOILER !
Donc, pour conclure, je dirais que Villette n'est pas le roman, classique ou de Charlotte Brontë, que je préfère, mais qui reste incontestablement un livre à lire absolument !



Les gens sensés disent que c'est une folie
que de croire que quelqu'un puisse être parfait ;
quant à aimer ou ne pas aimer, nous devons
être aimables envers tout le monde et n'adorer personne.



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30/10/2014

Emma, de Jane Austen

Emma

Jane Austen



Orpheline de mère, seule auprès d'un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais la maîtresse de maison, s'est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille qu'elle a recueillie chez elle. Ce faisant, ne s'est-elle pas attribué un rôle qui n'est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des cœurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu'elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes.


D'abord publié anonymement, Emma s'est révélée pour certains experts de Jane Austen comme l'une de ses œuvres les plus abouties. Pour moi, il a fait longtemps partie de mes préférés, avant d'arriver à la troisième place, derrière Orgueil et Préjugés et Persuasion.
Emma va être l'histoire d'Emma (je suis sûre que vous ne vous en doutiez pas !), une jeune fille de 21 ans. Décrite comme très belle et très intelligente, elle est aussi riche. Vivant seule avec son père, sa mère étant décédé lorsqu'elle était très jeune, Emma a toujours énormément compté sur elle-même. Pour pallier à
l'absence de sa mère, Miss Taylor a été engagé comme gouvernante pour Emma et sa sœur, mais tenait plus le rôle d'amie pour Emma. Heureusement qu'elle pouvait compter sur sa présence, car son père faible et hypocondriaque n'est pas le compagnon rêvé. Mais cette intimité est mise à mal lorsque Miss Taylor se marie avec un veuf aisé, Mr Weston, qui a un fils, Mr Franck Churchill, qui a été adopté par sa tante et son oncle après la mort de sa mère. Emma va être évidemment très heureuse pour son amie, tout en déplorant son absence.
Pour s'occuper et pour conjurer un peu sa solitude, elle devient intime avec Harriet Smith, et décide de la marier. Entraînée dans cette idée par le fait qu'elle pense être une excellente marieuse, Emma va peut-être s'attaquer à une affaire trop grosse pour elle et pour son expérience de la vie. Car, la jeune fille a beau être intelligente, elle n'en reste pas moins jeune, et son parcours n'est pas suffisant pour lui permettre de bien juger les personnages et les situations qui l'entoure.
Dans le même temps, Mr Weston annonce que son fils Franck devrait revenir quelques temps chez son père, suscitant l'intérêt de tout le village. Emma va être profondément curieuse de rencontrer enfin ce jeune homme, qui va finalement apparaître, donnant lieu à encore plus de commérages.
Emma est un de ces romans qui a beaucoup fait parler de lui. Unanimement, on reconnait Orgueil et Préjugés comme un chef d'œuvre, et les autres romans de Jane Austen sont décrits de manière très positive. Mais Emma occupe une place assez particulière, surtout dans la relation qu'ont les lecteurs avec l'héroïne. Emma a un caractère très fort (comme souvent avec les héroïnes de Jane Austen), et elle n'en fait qu'à sa tête, même si Miss Taylor réussit à la conseiller, de même que Mr Knightley. Mais malgré tout, Emma est consciente de son intelligence et avec la croyance qu'elle a de son habilité à décoder le monde, elle va souvent être persuadée de son bon droit. Grâce à sa position et sa fortune, elle peut se révéler parfois hautaine. Mais elle est fondamentalement gentille, sincère et honnête. Elle peut faire des erreurs, certaines plus graves que d'autres, mais elle va toujours essayer de se corriger, que ce soit parce qu'elle s'est rendue compte de son erreur ou parce que quelqu'un lui aura fait une remarque. C'est un personnage qui nécessite un temps d'adaptation, je ne suis pas sentie aussitôt proche d'elle comme j'ai pu l'être avec Elizabeth Bennet ou avec Anne Elliot, mais je l'apprécie énormément, et j'ai suivi son évolution avec beaucoup de plaisir !
Comme souvent, l'autre personnage marquant est un des héros masculins, ici Mr Knightley. Ah, celui-ci, je l'aime énormément ! Après Mr Darcy, bien sûr, mais à égalité avec le capitaine Wentworth. C'est le beau-frère d'Emma, et un de ses plus proches amis. Il n'hésite pas à critiquer la jeune fille et à lui mettre le nez sur ses défauts dès qu'elle en a besoin. Il a veillé sur elle depuis sa naissance et y est très attaché. C'est vraiment un homme intelligent, cultivé, mais surtout profondément honnête et intègre. Un homme, un vrai, un bon !

Les personnages secondaires sont tout aussi marquants et intéressants. Mr Woodhouse est plus caricatural, mais il m'a toujours fait sourire, notamment avec ses craintes concernant la nourriture et le bien-être des personnes qui l'entoure. Mr Elton est le type même du personnage auquel j'ai envie de mettre une gifle dès que je le vois. Mr Collins le dépasse de très peu ! Il est peut-être beau et intelligent, mais ses défauts sont beaucoup plus importants que ses qualités... Sa femme va également mettre les nerfs à vif, tant elle est insupportable et odieuse. Miss Bates m'a beaucoup fait rire, cette bavarde introduit des moments vraiment léger et drôle, mais à petite dose quand même ! Franck Churchill est un jeune homme tantôt agaçant, tantôt charmant, mais qui apporte du sel à l'intrigue, de même que Miss Jane Fairfax, qui m'a intriguée tout au long de l'histoire.
Comme toujours, Jane Austen campe dans Emma une histoire très réaliste, parsemé de ces petits détails qui font tout le charme de l'écriture de l'auteure. Toute l'histoire se déroule dans la vie quotidienne d'une petite ville, avec assez peu d'ouvertures sur le monde extérieur. C'est un des romans où on perçoit peut-être le plus les distinctions sociales et la hiérarchie des classes que ce soit par l'élite composé des Woodhouse et des Knightley, des professions distingués comme les clergymans, et ensuite les commerçants et fermiers. La relation entre Emma et Harriet Smith en est un exemple : la condition d'Harriet n'est pas sans tâche, ce qui a été remarqué à plusieurs reprises, et par Mr Knightley qui souhaite voir l'amitié se développer entre Emma et Jane Fairfax, qui sont de la même condition. Jane Austen prend plaisir à monter un suspense pour ses lecteurs, en laissant planer un mystère à propos d'un piano (en fait, c'est Jasper Fforde qui est passé par-là !), sur les sentiments de Franck Churchill, sur les liaisons entres les personnages...
Mais Emma aborde surtout la connaissance de soi-même et des autres. La plus grande difficulté pour Emma va être se confronter à elle-même et à ses propres sentiments, que ce soit lorsqu'elle a mal agi, ou les sentiments qu'elle éprouve pour son entourage. Elle va souvent se tromper sur ceux qu'elle aime, tout en restant souvent persuadée de se connaître. C'est un véritable roman d'apprentissage et un récit initiatique que nous propose Jane Austen ! Mais Jane Austen va nous renvoyer également un message très fort sur la société et sur les femmes. Emma Woodhouse est décrite comme très féministe : elle est riche, c'est elle la maîtresse de maison, elle est indépendante... Et tout cela sans se marier ! Ce qui la pousse souvent à déclarer qu'elle ne se mariera jamais, préférant rester vieille fille, car se marier ne pourrait rien lui apporter de plus à ce qu'elle possède déjà.
L'ironie et l'humour sont toujours bien présent, notamment l'ironie des situations engendrées par l'ignorance et par le décalage entre une vision du monde et la réalité. Emma va souvent se mettre des fausses idées en tête, et la chute sera souvent douloureuse lorsqu'elle se rendra compte de ses erreurs ! Mais on est obligés de sourire devant certains personnages, comme Mr Woodhouse ou Miss Bates, qui apportent leur lot d'amusement et de caricature.
Une chronique un peu longue, mais il y a tellement de choses à dire sur Emma ! Peut-être le plus controversé de Jane Austen, mais définitivement à lire, mais surtout à relire afin de mieux détailler et analyser tous ces détails pas forcément perceptibles à la première lecture.

Si vous en avez l'occasion et l'envie, je vous conseille vivement de regarder Emma, la mini-série de 2009 de la BBC. Le scénario a été fait par Sandy Welch, qui a pu travailler notamment sur le Jane Eyre de 2006 ainsi que sur Nord et Sud. Vous pourrez y retrouver Romola Garai (Emma), Jonny Lee Miller (Mr Knightley) et Michael Gambon (Mr Woodhouse), et qui est pour moi une des meilleures adaptations !


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09/10/2014

L’Île Mystérieuse, de Jules Verne

L’île mystérieuse.jpg
L'Île Mystérieuse

Jules Verne



L'Île mystérieuse raconte l'histoire de cinq personnages : l'ingénieur Cyrus Smith, son domestique Nab, le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff et l'adolescent Harbert.
Pour échapper au siège de Richmond pendant la guerre de Sécession, ils décident de fuir à l'aide d'un ballon, mais échouent sur une île déserte qu'ils baptiseront l'île Lincoln. Après avoir mené une exploration de l'île, ils s'y installent en colons mais quelque chose semble veiller sur eux.


l’Île mystérieuse,jules verne,anticipation,classique,aventureAprès Vingt Mille Lieues sous les Mers, mon avis sur L'Île Mystérieuse.
Jules Verne s'inspire pour un certains nombres de ses livres (entre autre L'Île Mystérieuse ou Deux ans de vacances, par exemple) des livres type Robinson Crusoé, que ce soit Daniel Defoe ou Johann David Wyss, ainsi que des récits de voyage.
L'Île Mystérieuse est l'histoire d'une évasion. Cinq personnages, pour échapper au siège de Richmond, retenus par les sudistes, décident de s'échapper à bord d'un ballon. Incapables de contrôler leur destination à cause d'un ouragan, ils vont s'échouer sur une île déserte : l'île Lincoln. A la merci du destin, ils vont tout faire pour tenter de survivre, mais surtout tout faire pour coloniser leur nouvelle demeure. Ces naufragés, qui sont-ils ? Il y a Cyrus Smith, un ingénieur, une des personnes les plus savantes qui fait office de chef. Feu, poterie, explosif, rien ne lui résiste ! Puis Gédéon Spilett, un reporter de guerre, très courageux et capable. Ensuite, Pencroff, dont les connaissances de marin vont être très appréciables. Le protégé de Pencroff et de Cyrus Smith, Harbert, un jeune homme de 15 ans, très débrouillard et intelligent. Enfin, Nab, un ancien esclave affranchi par Cyrus Smith, un appui indispensable.
Ce sont des personnes courageuses, très liés les unes aux autres, que l'ouragan a placé sur l'île Lincoln. Ensemble, ils ne vont pas se contenter de survivre, mais aussi de maîtriser leur environnement. Cela va commencer avec le feu, pour finir avec des moulins, des monte-charges, des télégraphes... Avec leurs connaissances et leurs capacités, ces naufragés vont véritablement créer un petit pays, pourvu de toutes les commodités ! Ils arrivent complètement démunis, ils doivent donc se débrouiller seul. Heureusement, la chance (ou le destin ?) ne les a pas totalement oublié, notamment avec quelques miracles et autres événements qui ne s'expliqueront qu'à la fin. Mais heureusement pour eux qu'ils sont aussi arrivés sur une île hospitalière, très riche au niveau botanique, minéral ou animal. La nature a beau rendre les hommes impuissants, Jules Verne veut faire de L'Île Mystérieuse un roman accessible à tous et pédagogique pour les plus jeunes : avec l'entraide, on peut arriver à se sortir de pratiquement n'importe quelle situation, mais la science est le moteur du roman. On découvre comment construire un four ou des vitres, élaborer de la nitroglycérine... Un véritable manuel de survie !
Mais si la science est indispensable, Jules Verne la décrit surtout à travers l'interactivité du groupe. Chacun à ses capacités, ses méthodes, ses points forts et ses faiblesses, des connaissances particulières à chacun. Seuls, ils ne peuvent pas espérer survivre, mais ensemble, ils peuvent accomplir des miracles. Jules Verne présente un aspect humain avant tout, au l’Île mystérieuse,jules verne,anticipation,classique,aventuretravers de son analyse sur la survie de l'homme, ses capacités à réagir et expose surtout son point de vue : coupé de toute interaction humaine, l'homme ne peut plus être un homme. SPOILER. Il le démontre principalement grâce à l'exemple d'Ayrton, qui, au bout de 25 ans d'existence sans contact avec d'autres hommes, est tombé dans un état animal et sauvage, uniquement préoccupé de sa survie immédiate. Il faudra du temps pour pouvoir le racheter, et cela uniquement grâce à l'amitié. Mais outre Ayrton, il y a également le capitaine Nemo. Connu à travers Vingt Mille Lieues sous les Mers, ce personnage était déjà très particulier, il avait refusé la compagnie des hommes pour s'enfuir avec un groupe d'homme qu'il avait choisis. Mais dans L'Île Mystérieuse, il se retrouve seul, mourant. Son état l'avait rendu davantage misanthrope et dégoûté de la société des hommes. C'est seulement le fait d'avoir pu assister à la colonisation des naufragés qui lui avait rendu espoir en l'humanité. Un personnage que l'on voit peu ici, mais dont la présence est perceptible du début à la fin. Un personnage plus que charismatique et intéressant ! FIN DU SPOILER
Pour moi, Jules Verne fait définitivement parti des plus grands auteurs français. Ses œuvres restent très actuelles, très intéressantes, bref indémodables et addictives ! Je conseille vraiment cette lecture à tous les amoureux d'aventure, de naufragés, de techniques et de camaraderie !



Vingt mille lieues sous les mers
L'Île Mystérieuse



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02/10/2014

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

Autant en emporte le vent

Margaret Mitchell






En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste.
Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...



Histoire mythique, Autant en Emporte le Vent est connu par pratiquement par tous, qu'on ait lu le livre, vu le film ou la comédie musicale... Je n'ai jamais vu la comédie musicale mais l'adaptation au cinéma est une des plus réussies et des plus abouties, notamment grâce à la prestation de Clark Gable et Vivien Leigh. Cependant, la qualité ne vaut pas celle du roman, qui est, pour moi, un des meilleurs romans jamais écrit !
Autant en Emporte le Vent commence en 1861, en Géorgie. Les Sudistes, fiers et fanfarons, vivent dans l'insouciance et la tranquillité. Scarlett O'Hara, jeune fille de bonne famille, est une enfant gâtée, habituée à obtenir ce qu'elle désire. Elle aime en secret Ashley Wilkes, jeune homme de son milieu. Cependant, il reste différent de la jeune fille frivole : il est perdu dans son monde, au milieu de la littérature, de la musique et de la peinture. Quand Scarlett apprend au cours d'une réunion le mariage d'Ashley avec Mélanie Hamilton, elle va connaître son premier chagrin d'amour, tentant tout pour conquérir Ashley, prenant en grippe Mélanie. Au cours de cette même réunion, des événements vont déterminer la vie de Scarlett : son mariage avec Charles Hamilton, le frère de Mélanie, par dépit envers l'annonce du mariage d'Ashley, sa rencontre avec le capitaine Rhett Butler, homme qui est tout sauf un gentleman et à la réputation sulfureuse, et enfin l'annonce l'annonce de la guerre avec les Yankees. Convaincus que la guerre tournera en leur faveur, les Sudistes sont convaincus d'être dans leur droit en gardant des esclaves et en se voulant indépendant de l'Union. Cependant, la réalité va les rattraper...
Pendant ce temps, Scarlett part de Tara, la plantation de ses parents, pour aller habiter chez sa tante à Atlanta, retrouvant ainsi Mélanie et Ashley, qu'elle ne désespère pas de conquérir. La jeune femme va découvrir dans cette ville les premières conséquences de la guerre, tels que les privations, les blessés à s'occuper. Peu intéressée par la guerre et la politique, Scarlett s'indigne de son statut de veuve, qui lui interdit de participer aux festivités organisées. Retrouvant Rhett Butler, leur relation va s'intensifier, défrayant les chroniques de la ville.
Les Sudistes vaincus, les Yankees s'approchent d'Atlanta, faisant fuir la population. Cependant, Scarlett
ne peut s'en aller, car elle doit veiller sur Mélanie et l'aider à accoucher. Réclamant l'aide de Rhett, Scarlett va quitter la ville avec Mélanie et son bébé, pour se réfugier à Tara. Espérant décharger son fardeau sur des épaules plus fortes que les siennes, mais elle doit faire face à la mort de sa mère et à la folie de son père. Le domaine a été ravagé par la guerre, la famine guette sa famille et ses amis, Scarlett devient froide et calculatrice afin de les sauver. Elle se résigne à un nouveau mariage, par appât du gain, afin de pouvoir payer les impôts. Habitant de nouveau à Atlanta, elle devient femme d'affaire en acquérant une scierie. La « Vieille Garde » lui tourne le dos quand elle commence à faire affaire avec les Yankees, rebutés par son attitude dure et apparemment bien décidée à laisser le passé de côté pour faire tout ce qui est nécessaire pour survivre. Mélanie exceptée, tous ses anciens amis lui battent froid. De son mariage avec Rhett née une petite fille, Bonnie, pour laquelle, sa mère éprouvera le plus de sentiment maternel.
Jusqu'à la fin, les événements se sont enchaîner sans perdre de temps.
Malgré les horreurs de l'esclavage et du Ku Klux Klan, je me suis attachée à tous les personnages, qui considèrent les Blancs comme supérieurs et les Noirs comme des êtres inférieurs, gentils et bêtas, parfois violents, capables seulement de servir d'esclaves. Des liens se tissent entre ces protagonistes, rendant le récit d'autant plus vivants, évoluant dans un cauchemar où les Sudistes ne veulent pas changer leur façon de vivre. Dans ce chaos, ils ne se laissent pas faire, tous tentent de remonter la pente, certains ne prendront pas la même route que celle empruntées par d'autres...
Les longues descriptions permettent de se plonger longuement dans le récit et dans la vie des personnages, me donnant l'impression de déambuler à leurs côtés.
Un récit magnifique et vibrant, à lire absolument !



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14/09/2014

La bienfaitrice, d'Elizabeth Von Arnim

La bienfaitrice


Elizabeth Von Arnim



Anna Estcourt, vingt-cinq ans, emménage dans une petite propriété du Nord de l'Allemagne dont elle hérite à la mort de son oncle. Jolie, intelligente mais sans fortune, elle a grandi jusque-là avec son frère, sous la coupe de la femme de celui-ci, Susie.
Désormais en possession d'un revenu confortable, elle contrevient aux convenances de l'époque en ne se mariant pas, afin de conserver son indépendance. Mieux, elle propose généreusement un toit aux dames en détresse de sa nouvelle contrée, afin que celles-ci puissent faire de même - altruisme dont elle ne tardera pas à peser les inconvénients...



Mon envie de découvrir des classiques m'a permis de faire la connaissance d'Elizabeth von Arnim et son roman La Bienfaitrice.
Anna Estcourt est une jeune femme de vingt-cinq ans, très jolie mais démunie, et de ce fait, vivant avec son frère et sa femme, Susie. Ne possédant pas de fortune personnelle, elle est obligée de se conformer aux usages de sa belle-sœur et de la société.
Jusqu'au jour où son oncle lui lègue à sa mort une propriété au Nord de l'Allemagne, qui va lui apporter des revenus confortables. Anna va pouvoir ainsi conquérir son indépendance, lui permettant de vivre la vie qu'elle a toujours voulue. Avoir son indépendance propre sans dépendre d'un mari, et surtout mettre sa nouvelle maison au service de dames en détresses, leur apportant un toit et de la chaleur.
La Bienfaitrice est un de ces classiques dont je ne regrette absolument pas la découverte et la lecture !la bienfaitrice,elizabeth von arnim,classique Surtout que dans l'édition du livre que j'ai achetée, on a droit à une préface retraçant la vie d'Elizabeth von Arnim, qui a eu une vie pour le moins fascinante et, surtout, peu conventionnelle. On peut notamment découvrir qu'elle a été la maitresse de H.G Wells, elle a été mariée deux fois, dont un divorce. Elle était une femme très intelligente, cultivée, et qui semblait bien décidée à ne pas respecter certaines conventions de son temps, qui déteint sur son héroïne Anna Estcourt.
Un roman qui n'est pas sans rappeler certaines auteures de la même époque, comme Elizabeth Gaskell, Jane Austen, ou les sœurs Brontë... Elles ont en commun d'avoir une vie intéressante, même si parfois un peu « recluse » et qui ont permis l'écriture de romans très forts, qui continuent d'exister à notre époque. Des romans intenses, inoubliables, avec comme thème l'indépendance, le féminisme, la place de la femme dans la société, et surtout des personnages tous très habilement décrits, avec une psychologie développés, ainsi qu'avec une ironie présente en filigrane tout au long de l'intrigue. Elizabeth von Arnim a une plume captivante, qui emporte dans les événements décrits.
Elizabeth von Arnim prend un grand plaisir à décrire ses personnages, et nous avec. Anna Estcourt est parfois naïve, mais toujours combattive et intéressante. La belle-sœur, Susie, est particulièrement horripilante et crispante, elle souhaite passer pour généreuse, alors qu'elle n'est qu'égoïsme. Et Alex Lohm est un personnage que j'aurais aimé voir plus présent, car c'est un de mes préférés, vraiment très charismatique, un grand gentleman. Un autre personnage, Klutz, m'intéressait avant de commencer La Bienfaitrice, car on m'avait dit qu'il ressemblait beaucoup à Collins dans Orgueil et Préjugés. C'est vrai qu'il peut y avoir une petite ressemblance, particulièrement dans certaines scène où il se rend assez ridicules et m'ont beaucoup fait rire !
Un portrait de la gente féminine très nuancé, très amer, qui pousse à réfléchir. Heureusement que les mentalités ont (un peu) évoluées ! Les femmes n'ont pas d'autres choix que de se marier et d'obéir à son mari, et un comportement « déviant » est très mal vus, que ce soit par une volonté d'indépendance ou par un caprice du destin.
Une écriture addictive, pour une histoire passionnante et des personnages très bien campés, je dois dire qu'Elizabeth von Arnim est une vraie révélation, j'ai adorée La Bienfaitrice, et je dois dire que maintenant, j'ai vraiment envie de découvrir l'intégralité de ses œuvres ! N'hésitez surtout pas à découvrir ce roman, plus que passionnant.
Une description ironique de la société, des mentalités différentes qui se heurtent, des drames, des sentiments, La Bienfaitrice ait un excellent moment de lecture !





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10/09/2014

Jane Eyre, de Charlotte Brontë

Jane Eyre

Charlotte Brontë







Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie.
Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour...
Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foi en son avenir, une intrigue où se succède mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles : le plaisir de lire Jane Eyre est toujours aussi vif.
Comme elle, on veut croire que rien n'est écrit d'avance et que la vie réserve des bonheurs imprévus.



Jane Eyre est une orpheline, âgée de 10 ans, recueillie par sa tante, Mrs Reed, qui avait promis à son mari, sur son lit de mort, de l'élever. La fillette est cependant très mal traitée, à la fois par sa tante et par ses cousins, qui n'hésitent pas à la harceler. A la suite d'une forte rébellion, Jane Eyre est envoyée à l'internat de Lowood, où les conditions de vie sont absolument effroyables. La petite fille s'y fait une amie sincère,

Helen, qui décède malheureusement de la tuberculose. Après cette épidémie, les conditions de vie de l'internat changent et il devient un établissement de qualité.
Après huit ans à Lowood, six ans en tant qu'étudiante et deux ans en tant que professeur, Jane Eyre décide de changer de vie, elle passe alors une annonce dans un journal pour un travail de préceptrice. Jane est alors contactée par Mme Fairfax pour qu'elle fasse l'éducation d'Adèle, la protégée de Mr Rochester, un homme fortuné, propriétaire de Thornfield.
Jane apprend à connaître Mr Rochester, un homme qu'elle va bientôt admirer et aimer profondément. C'est un homme qui peut sembler hautain, imprévisible, mais surtout qui dissimule un caractère profondément humain, qui se sent parfois seul. Il va s'intéresser rapidement à Jane, lui vouant un attachement très profond.
Mais, suite à une annonce qui va remettre en cause tout ce qui les reliait, Jane va s'enfuit de Thornfield, désespérée. Sans argent, errant dans une région inconnue, elle se retrouve, presque mourante, devant la maison de la famille Rivers. Elle se lie d'amitié avec Mary et Diana, ainsi que de leur frère, le pasteur St-John Rivers. Elle se lie de plus en plus avec St-John, qui exercera sur elle une grande influence.
Jane Eyre est apparemment un roman qui reprend beaucoup des éléments de la vie de son auteur. La mort d'Helen avec la tuberculose provient de la mort de deux sœurs de Charlotte Brontë, morte de la même maladie suite à des mauvaises conditions dans leur école. La vie dissolue et l'alcoolisme de John Reed rappelle Branwell, le frère de Charlotte, devenu opiomane et alcoolique quelques années avant sa mort.
Jane Eyre fait partie de ces ouvrages classiques anglais absolument magique et prenant, au même titre qu'Orgueil et Préjugés, Nord et Sud, Les Hauts de Hurlevent, ou Autant en emporte le vent, par exemple. Charlotte Brontë possède ce talent de décrire une histoire, des personnages, les sentiments de manière unique. L'atmosphère et la poésie qui se dégage de Jane Eyre est absolument parfaite, c'est un véritable chef d'œuvre avec une histoire d'amour absolu.
La grande force du roman est d'être écrit à la première personne, ce qui rend l'héroïne très proche, très

familière. Je me suis rapidement attachée à ce personnage, qui s'avère à la fois très forte mais aussi parfois très fragile. Les traitements de sa tante et de son cousin l'ont endurci, de même que la mort de son amie, la rendant plus sauvage. C'est une personne qui n'a pas peur de dire ce qu'elle pense, très inhabituel pour une femme de cette époque ! Elle n'hésite pas à exprimer toutes ses pensées, notamment devant Mr Rochester, ce qui va les rapprocher. Pour aider ses amis, Jane Eyre n'hésite pas à se dévoiler, à les défendre de toutes les manières possibles. Comme le dirait Mr Rochester, c'est une fée, vivant dans son monde, avec sa vision du bien et du mal, sa propre perspective du monde qui l'entoure. Jane Eyre est à la fois dure et douce, parfois énigmatique. Mais la révélation de ce roman ne tient pas seulement à Jane Eyre, il tient aussi et principalement à Mr Rochester (à égalité avec le Darcy de Jane Austen et Thornton de Nord et Sud, pour ce qui est de « l'homme idéal » !). C'est un homme souvent dur, emporté, passionné, qui n'hésite pas à braver les interdits. Il est presque impossible de décrire ce personnage tant il est complexe. Un homme ténébreux, viril, qui n'hésite cependant pas à exprimer ses sentiments...
Charlotte Brontë a empreint Jane Eyre de poésie, il n'y a aucune longueur, pas d'ennui, je me plonge à chaque fois dans ce livre avec autant d'enchantement qu'à ma première lecture. On s'immerge dans chaque phrase du récit, ce qu'on lit, on le ressent ! Chaque détail, minuscule ou non, est important. Avec les descriptions de l'auteur, on se représente très bien les personnages, le château où on a l'impression de

déambuler ou les paysages avec le vent qui souffle et le soleil qui brille. Jane Eyre fait l'effet d'une porte ouverte sur un autre univers, où nous pouvons nous promener. C'est une histoire à la fois très dure, très sombre, mais aussi remplie de beautés et d'amour.
Charlotte Brontë a réussi à conter dans Jane Eyre une histoire excellente, très puissante, avec des éléments « classiques », comme la vieille demeure, l'amour entre deux personnes de rangs différents, les secrets, la jalousie, de manière unique et bien à elle ! En outre, la fin est très habilement menée, à l'image du récit entier. Jane Eyre fait partie de ces récits dont je ne me lasse pas, malgré le nombre de fois où je l'ai lu ! Et surtout je tiens à remercier l'écrivain Jasper Fforde et son roman L'Affaire Jane Eyre, qui m'a fait découvrir ce merveilleux récit de Charlotte Brontë !



Un mot qui part du cœur
peut exprimer autant de souhaits
que de nombreuses paroles.



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26/08/2014

Cranford, d'Elizabeth Gaskell

Cranford

Elizabeth Gaskell



Que croyez-vous, Miss Matty, je vous le donne en mille ? Que croyez-vous ? Lady Glenmire va se marier - se remarier, pour être exacte - Lady Glenmire - Mr Hoggins - oui, Mr Hoggins va épouser Lady Glenmire !
- Se marier ! Se remarier ! nous écriâmes-nous.
Quelle folie ! - Figurez-vous que je me suis écriée : Se marier ! comme vous le faites ; et que j'ai ajouté : " Mais ma parole, Milady va se couvrir de ridicule ! " J'aurais pu dire, moi aussi : " Quelle folie ! " mais je me suis maîtrisée, car j'étais dans une boutique, lorsque j'ai appris la nouvelle.
Vraiment, on se demande où est passée la retenue de notre sexe ! Vous et moi, Miss Matty, nous aurions été bien honteuses de savoir que l'on parlait de notre mariage chez l'épicier, en présence du personnel !

cranford,elizabeth gaskell,classique
Après avoir lu Nord et Sud (gros coup de cœur, un livre doudou !) et Les amoureux de Sylvia (très bon), je me suis lancée dans un autre roman d'Elizabeth Gaskell.
Cranford est un petit village, où les femmes font les lois. L'arrivée d'un homme, le capitaine Brown, plonge toutes ces braves femmes dans la stupeur, notamment lorsque ce gentleman ne respecte ni les conventions ni les volontés des dames. Imaginez un peu leur surprise !
Après la lecture des œuvres précédemment cités, je m'attendais à adorer Cranford. Malheureusement, j'ai été un peu déçue. J'ai mis pas mal de temps avant de rentrer dans l'histoire, et c'est pourtant un récit assez court. J'ai trouvée quelques longueurs, quelques confusions parfois entre les personnages... Mais je n'allais sûrement pas abandonner ce livre ! Et j'ai bien fait de m'accrocher, car après ce début un peu difficile, je me suis prise au jeu, j'ai enfin accrochée aux personnages (spécialement à Miss Matty, comme beaucoup !) et je n'ai pas pu le lâcher.
Cranford, une fois plongée dedans, s'est révélée une petite histoire sympathique, où on peut suivre les petites péripéties quotidiennes d'un village perdu dans la campagne, et où les femmes respectables comme les matriarches, vieilles filles et autres veuves soucieuses des traditions font les lois et établissent les normes à respecter.
Elizabeth Gaskell a une plume particulièrement reconnaissable, elle présente un milieu à chaque fois différent mais toujours très intéressant, elle le présente avec ironie, intérêt, et beaucoup de profondeur.
Même si Cranford n'est pas celui que j'ai préféré de cette écrivaine talentueuse, il reste néanmoins un livre à lire, et dont j'aimerai entendre beaucoup plus parler, tout comme les autres livres de Mme Gaskell. Personnellement, je n'en reviens pas de découvrir ces romans seulement avec des conseils de blogueurs (ce qui m'arrive souvent), mais sans en avoir entendu parler pendant mes études. Certes, je n'ai pas fait des années et des années de fac ou autre cursus semblable, mais je suis quand même étonnée que les profs n'en aient jamais parlé, même en passant. Les auteurs comme Jane Austen, Elizabeth Gaskell ou les sœurs Brontë restent des références à faire connaître ! Est-ce que ça vous a fait la même chose ?
Fermeture de cette parenthèse littéraire, si vous ne connaissez pas Elizabeth Gaskell, je vous recommande de vous jeter sur ses livres ! Cranford n'est pas le livre d'Elizabeth Gaskell que je conseillerai pour découvrir cette auteure, mais à lire néanmoins pour découvrir une autre facette de son talent. Pour moi, Nord et Sud reste son meilleur, il est inégalable, mais les autres œuvres restent des pépites, des livres à lire absolument.
Et maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver la mini-adaptation de la BBC !




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