11/01/2019

Un si petit oiseau, de Marie Pavlenko

Un si petit oiseau - Marie Pavlenko




Flammarion
02 Janvier 2019
17.50 €








Après un accident de voiture qui l'a laissée meurtrie, Abigail rentre chez elle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d'avant lui est insupportable.
Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu'on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ? Grâce à l'amour des siens. Grâce aux livres. Grâce à la nature, au rire, aux oiseaux.
Avec beaucoup de patience, peu à peu, Abi va réapprendre à vivre.




Merci à Flammarion !
Abigail – Abi pour les intimes – a vécu l'une des choses les plus traumatisantes que l'on puisse connaître. Suite à un accident de voiture, elle est amputée de l'un de ses bras. Suite à cela, elle va se renfermer profondément en elle, son bras mutilé lui faisant perdre tout ses repères. La douleur est toujours présente, le regard des gens sur son bras absent est frappant, et de devoir s'habituer à faire les gestes de la vie quotidienne avec un seul bras.
Mais Un si petit oiseau raconte aussi – et surtout – l'histoire d'un renouveau. Comment Abi va réussir à reprendre pied. C'est aussi l'histoire de sa famille, et de comment des livres et des oiseaux peuvent permettre de reprendre goût à la vie.
Je suis Marie Pavlenko depuis ses débuts avec sa trilogie Saskia, et je suis à chaque fois impatiente de lire ses nouveaux romans ! Je dois dire que même si j'apprécie énormément ses romans fantastiques comme Saskia, Marjane ou La Fille-Sortilège, je craque encore plus sur ses romans contemporains. Il y a eu Je suis ton soleil en 2017, il y a maintenant Un si petit oiseau, qui est une nouvelle pépite !
Comme pour Je suis ton soleil, Un si petit oiseau est un condensé d'émotions, de larmes, de rires... Marie Pavlenko décrit ici le thème du handicap, avec beaucoup de sensibilité et de pudeur, et décrit avec finesse toutes les épreuves auxquelles Abi est confrontée – que ce soit la douleur, le poids du regard des proches, le fait que toute sa famille soit impactée, et le fait de devoir tout réapprendre à faire avec un seul bras. Cela donne lieu à des situations souvent bouleversantes, que ce soit pour pleurer avec Abi ou hurler de rage contre les insensibles. Mais – heureusement – c'est aussi l'occasion de rire, de découvrir de nouvelles choses, de ressouder des liens et des amitiés.
Car dans Un si petit oiseau, la chose la plus importante est ce lien entre les différentes personnes. Dans la vie d'Abi, il y a sa famille, absolument extraordinaire. Elsa et Martin, les parents d'Abi, gèrent la situation différemment, et avec l'inquiétude, étouffent parfois un peu leur fille. Mais ils la pousse aussi vers l'avant, avec de petits ou de grands gestes. Je retiens notamment l'invention de Martin pour aider sa fille à éplucher des légumes ou couper du pain ! Dans le même temps, Millie, la petite sœur d'Abi, se sent délaissée et lutte pour trouver une place dans cette situation. Les moments entre les deux sœurs sont particulièrement bouleversants ! Dans la famille, je demande aussi la tante : Coline est une tante formidable, complètement fofolle, sans filtre, et prête à tout pour sa nièce.
Outre la famille, Un si petit oiseau est aussi une ode à l'amitié. Après son accident, Abi a coupé les ponts avec ses amis, pour ne pas subir leur regard. Elle était très seule, face à sa déprime. Jusqu'à ses retrouvailles avec Aurèle, un ami qu'elle connaît depuis la primaire mais qu'elle n'avait pas vu depuis des années. Le fait de retrouver ce garçon va sauver Abi, lu redonner goût à la lecture mais surtout lui faire découvrir le plaisir d'observer la nature – en particulier les oiseaux.
Un si petit oiseau est un livre qui m'a bouleversée à bien des niveaux, mais qui m'a fait aussi énormément rire. Marie Pavlenko a été inspirée pour ce livre par l'histoire de sa propre mère, qui a été amputée d'un bras. Cela fait de ce roman une histoire criante de réalisme, Marie Pavlenko nous livre ici une petite part d'elle-même... Abi lutte au quotidien pour s'en sortir, ce qui donne beaucoup d'émotions, mais elle va aussi arriver à dépasser l'idée qu'elle avait de ce moignon, et d'en rire.
A la fois touchant, drôle et frappant, Un si petit oiseau est un livre choc, que je conseille à 100 % !
P.S : nous aurons également l'occasion de croiser, le temps de quelques lignes, une jeune fille avec un chien-clochard et des bottes-grenouilles. Ceux qui ont lu Je suis ton soleil savent !








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12 commentaires:

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