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26/04/2018

Femmes & Filles, de Elizabeth Gaskell

Femmes & Filles - Elizabeth Gaskell



L'Herne
26 Mai 2005
15.00 €








Ce roman d'amour sur fond de scandales et d'intrigues se déroule dans l'Angleterre rurale de la fin des années 1820.
Il met en scène Molly, la fille rebelle d'un médecin de campagne, les aristocrates locaux qui, depuis l'imposant château de Cumnor Towers, règnent en maîtres absolus sur ce coin perdu des Midlands, les notables, les domestiques, les paysans, les animaux mais c'est avant tout la nature humaine dans la toute-puissance de ses pulsions et de ses désirs si impitoyablement réprimés par la société victorienne qu'Elizabeth Gaskell place au centre de la trame.
Avec un art de la subversion qui lui est propre et une sensualité envoûtante elle nous transporte dans un univers bruissant de robes en taffetas et de commérages meurtriers, de hennissements de chevaux et de soupirs d'amour, où les femmes et les hommes sont aux prises avec l'ordinaire mystère de la vie.



25/05/2015

Les amoureux de Sylvia, d'Elizabeth Gaskell

Les amoureux de Sylvia

Elizabeth Gaskell



1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la population, kidnappent de force pour servir le Roi.
L'héroïne, Sylvia Robson, seize ans, fille unique de fermiers locaux, est une jolie sauvageonne, follement aimée par son terne cousin, Philip Hepburn. Arrive un harponneur audacieux et généreux, qui tombe amoureux d'elle et chavire son cœur. Hélas, les recruteurs vont bouleverser ces vies... Le caractère de Sylvia, fait pour l'insouciance et la légèreté, se trempe et prend une envergure dont personne ne l'aurait cru capable.
Dans ce grand roman victorien, Elizabeth Gaskell montre les passions à l'œuvre chez des gens ordinaires, et décline sur plusieurs tons le thème de l'amour frustré. Plongés dans une tourmente qui les dépasse, les personnages sont livrés à la violence de leurs sentiments, qui fait écho à celle de l'Histoire.



Après ma découverte et mon immense coup de cœur pour Nord et Sud, je me suis plongée avec intérêt dans la suite de la biographie d'Elizabeth Gaskell.
En 1796. La guerre fait rage, notamment entre la France et l'Angleterre. Les provinces les plus éloignées d'Angleterre sont également touchées, notamment à travers la présence des sergents recruteurs, kidnappant de force tous les hommes en condition pour servir le Roi.
Sylvia Robson est au départ une jeune fille peu touchée par ces événements. Elle est plus attirée par sa vie quotidienne ou par le fait de se choisir un manteau neuf. Mais très vite, elle va se retrouver au cœur de la tourmente, notamment à cause des histoires de son père, des décès occasionnés par la guerre ou des disparitions à cause des recruteurs, mais surtout par son attirance envers Charley Kinraid, un baleinier. Une rencontre qui la changera pour longtemps !

Dès le début, Elizabeth Gaskell montre que son plus grand talent est d'écrire une histoire intéressante avec un contexte politique fort, discret mais bien présent. Mais surtout de décrire toute une vie, dans des décors magnifique, avec des personnages vraiment très nuancés et incroyablement intéressants.
Comme l'annonce le titre, Les Amoureux de Sylvia tournent beaucoup de Sylvia et de ses amours. Elle est très vite attirée par Charley Kinraid, d'abord une admiration de jeune fille pour un marin courageux, avant de se muer en sentiments plus tendres. De son côté, le baleinier semble également attiré par la jeune fille, mais est-il vraiment quelqu'un à qui on peut se fier ? Ces sentiments sont bien vus par son père, ancien marin, tandis que sa mère préférerait que sa fille épouse son cousin Philip, qui se meurt d'amour pour Sylvia. Que de romances contrariées !
Car si j'avais peur au début que ces histoires d'amour ne prennent trop de place, au contraire ! Une fois immergée dans le livre, on est autant interpellés par ces questions que par la vie plus quotidienne de Sylvia et par le contexte social de cette époque mouvementée. Car contrairement à Jane Austen, Elizabeth Gaskell, comme dans Nord et Sud, ne se contente pas de montrer un bel homme en uniforme qui fait craquer toutes les filles et une guerre vraiment très peu esquissée. Non, elle décrit avec habileté et beaucoup de profondeur tous les ravages de la guerre, les séparations, le deuil, l'horreur... Elizabeth Gaskell montre comment les personnes ordinaires pouvaient vivre en ce temps, cette guerre a touchée tout le monde et à différents degrés.
Je pense que si je n'avais pas autant aimé Nord et Sud, j'aurais eu davantage de mal à rentrer dans Les amoureux de Sylvia. La première centaine de pages demande une certaine adaptation avant de rentrer vraiment dans le récit. Même si ce n'est pas, au final, un coup de cœur, c'est quand même un roman qui m'a marquée et que je relirai avec plaisir. Si j'ai aimé, c'est parce qu'Elizabeth Gaskell reprend des éléments qui m'avait fait aimer Nord et Sud : l'amour contrarié, vraiment très différent ici et beaucoup plus sombre, un contexte politique dur et intéressant, mais surtout une histoire mouvementée et pleine de rebondissement. Les différents personnages sont également tous charismatiques, j'ai pris plaisir à suivre leur évolution. Notamment Sylvia, qui passe d'une gentille fille un peu écervelée à une jeune femme dure, presque brisée, mais capable d'aimer et de haïr passionnément, plus que ce que je ne l'en croyais capable au début ! Ensuite, Philip m'agaçait pas mal au début. Bon, il n'a pas la carrure d'un Mr Thornton, mais je dois avouer l'avoir apprécié de plus en plus au fil du roman. Mais tous évoluent, tous changent, tous sont différents les uns des autres, et tous sont intéressants !
Elizabeth Gaskell a une écriture et une plume que j'apprécie décidément de plus en plus, au fur et à mesure que je découvre ou relis ses romans. Elle se classe parmi mes auteurs classiques préférés, aux côtés de Jane Austen, les sœurs Brontë, Margaret Mitchell...
A lire !




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30/11/2014

Ruth, d'Elizabeth Gaskell

Ruth

Elizabeth Gaskell





Orpheline, la jeune et naïve Ruth est placée dans l'atelier de couture de Mrs Mason. Lors d'un bal, elle rencontre Henry Bellingham, un fils de bonne famille, avec qui elle noue bientôt une belle amitié, se muant en passion amoureuse, à rebours des conventions sociales.
Jugée « fille perdue », Ruth est congédiée. Elle se réfugie au Pays de Galles avec Bellingham qui l'abandonne dès qu'il apprend qu'elle est enceinte.
Tentée de se suicider, elle est recueillie par le pasteur Benson et sa sœur Faith, qui l'aiment et la respectent. La faisant passer pour veuve afin de lui éviter la disgrâce, ainsi qu'à son futur enfant, ils parviennent à la faire entrer au service d'un homme d'affaires, Mr Bradshow. Mais le retour de Bellingham menace son secret...
Avec Ruth, Elizabeth Gaskell trace le portrait émouvant d'une jeune victime de l'hypocrisie victorienne, toujours sûre de son bon droit et de ses préjugés.



J'ai déjà dévorée quelques livres de Mme Gaskell, dont Nord et Sud – mon coup de cœur absolu –, mais aussi Les amoureux de Sylvia, Cranford... Alors quand j'ai vu que Ruth allait faire l'objet d'une réédition dans la collection Archipoche (une branche des éditions de l'Archipel), vous imaginez bien que j'ai sauté sur l'occasion !
Dans ce roman d'Elizabeth Gaskell, on fait la connaissance de Ruth Hilton. Elle est devenue orpheline à ses seize ans, et a été confié à Mrs Mason, qui dirige un atelier de couture. C'est une femme très dure, qui dirige ses apprenties d'une main très dure, et Ruth est – on pourrait le comprendre – très triste et dépressive. Elle perd ses parents, elle se retrouve dans une situation où elle est rabaissée, elle n'a pas la moindre raison d'espérer que sa condition change en mieux.
Elle trouve une raison d'espérer lorsqu'elle rencontre Henry Bellingham, un fils de bonne famille. Elle voit d'abord à lui l'occasion d'avoir des rêves de beautés, puis un ami... Avant qu'ils n'entament une relation amoureuse, sans être mariés. Les conventions sociales vont être heurtées par cette relation, détruisant peu à peu ce qui unissait Henry et Ruth, déjà mis à mal par le côté mesquin d'Henry et par le sens moral de Ruth.
Rejetée, abandonnée, Ruth va aller seule dans le monde lorsqu'elle est congédié par Henry Bellingham. Anéantie, elle apprend qu'elle est enceinte. Anéantie peut-être, mais résolue à reconquérir son honneur et pour élever son fils dans un sens moral élevé. Heureusement qu'elle va trouver des bonnes personnes sur sa route, des personnes qui ne vont pas la rejeter. Elle va être recueillie par le pasteur Benson et sa sœur Faith, qui l'aiment et surtout la respectent. Ils vont la faire entrer au service de Mr Bradshow, en tant que gouvernante. Bellingham va évidemment refaire son entrée dans sa vie, et va la bouleverser profondément.
Ruth est sans conteste le roman religieux d'Elizabeth Gaskell. Dans l'Ancien Testament, le personnage de Ruth est la personnification même de la pauvreté et de l'humilité, ce qui est tout à fait conforme à la description de l'héroïne du roman. Grâce aux amis trouvés sur son chemin et grâce à sa droiture, Ruth va arriver peu à peu à reconquérir sa propre estime, celle des autres, mais aussi une certaine position sociale. Si elle était restée sous la houlette de Mrs Mason, elle serait restée une simple couturière. Mais en devenant la gouvernante de Mr Bradshaw, elle atteint un statut respectable, de même lorsqu'elle devient infirmière, une position qui la fait aimer des plus pauvres et des plus démunis. De jeune fille très naïve et innocente, elle devient une jeune femme, qui conserve une certaine innocence, mais qui comprend mieux la dureté de la vie et la bassesse de certains individus. Il y a eu péché à la base pour en arriver à cette position, mais un péché n'amène pas toujours que du mauvais. La droiture d'esprit de Ruth et l'enseignement reçu chez le pasteur vont la faire devenir meilleure et plus avertie. L'être humain est enclin à l'erreur, mais c'est une grande force que d'apprendre de ses erreurs et de là où on a péché. Échaudée, Ruth ne refera pas la même erreur et conservera toujours la même humilité face aux épreuves que la vie lui réserve. Mais certains ne sont pas disposés à apprendre, comme Henry Bellingham, qui est décidément un individu veule, sans honneur, et particulièrement détestable ! Le pasteur Benson et sa sœur Faith sont deux personnes particulièrement chaleureuses, des rayons de bonheur dans la vie de Ruth, au même titre que son fils. Bons ou détestables, il y a toutes les facettes chez les personnages décrits par Mme Gaskell !
Elizabeth Gaskell aborde des thèmes toujours aussi chers à son cœur, tel l'amour contrarié, la lutte des classes ouvrières, les femmes souvent démunies mais toujours forte d'une manière ou d'une autre, le déclassement qui peut arriver à n'importe qui... Ruth est un récit particulièrement fort, et qui ne peut pas laisser indifférent ! Après Nord et Sud, c'est mon autre chouchou ! On a beau lire les dernières pages le cœur gros et la larme à l'œil, il y a quand même une certaine forme d'espoir.
Ruth n'a pas été sans me rappeler Tess d'Urberville, de Thomas Hardy. Dans l'un comme dans l'autre, on a ce vil séducteur, prêt à tout pour séduire et plus une jeune fille innocente, qui se retrouveront toutes les deux enceintes... Et qui seront bien évidemment mis au ban de la société ! Après, les destins de ces deux personnages différent, mais je n'en dirais pas plus !
J'espère que Ruth vous plaira autant qu'à moi !


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19/10/2014

In my mailbox ≠04

En faisant le tour des rendez-vous, je me suis aperçue que ça faisait un bon moment que je n'avais pas participée à In my mailbox. Comme quelques livres se sont rajoutés dans ma PAL, je pense qu'il est temps que je vous les présentes !



La Ligne Verte, Stephen King
J'ai essayé un bon nombre des romans de Stephen King, un des maîtres de la littérature, mais, et je ne sais pas pourquoi, ils me sont toujours tombée des mains... Comme j'ai vu le film et que j'ai adorée, je n'ai pas hésité quand j'ai vu le livre d'occasion. Ce n'est pas une lecture prioritaire, mais j'essaierai de le lire un de ces jours !
Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d'un pénitencier dans les années 30, entreprend d'écrire ses mémoires. Il revient sur l'affaire John Caffey - ce grand Noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes - qui défraya la chronique en 1932.
La ligne verte est le reflet d'un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisé par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore avec sa matraque et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l'innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.



Des objets de rencontre, Lise Benincà
L'auteure est venue faire une rencontre là où je travaille, et comme je l'avais déjà trouvée très intéressante à la réunion de rentrée littéraire, il ne m'en fallait pas plus pour acheter son livre !
Lise Benincà a passé plusieurs mois au sein d'Emmaüs Défi, rue Riquet à Paris. Elle a eu l'envie de donner voix à ces objets patinés, dépareillés, parfois ébréchés mais toujours singuliers, qui sont passés de main en main avant d'arriver chez Emmaüs, cette association, créée par l'abbé Pierre, qui les revend à des prix modiques. Puis la présence des hommes et des femmes, salariés en réinsertion professionnelle chez Emmaüs, aux parcours chaotiques, eux-mêmes en transit, eux-mêmes patinés par la vie, s'est imposée entre les lignes qu'elle écrivait autour des objets, fragiles échos d'existences passées et inconnues. Alors elle s'est mise à parler d'eux, aussi. De leurs trajectoires, de leurs espoirs, de leur détresse et de leur volonté.



Tout pour plaire, Ingrid Desjours
Je suis le parcours d'Ingrid Desjours depuis pratiquement le début, alors je n'allais pas laisser passer l'occasion de m'acheter son dernier livre (et au passage d'aller la voir en dédicace). Je suis curieuse de voir ce que va donner ce dernier roman !
Rien n'est plus suspect qu'une personne qui a tout pour plaire.
Voilà, vous y êtes. Arrivés au point de rupture.
Depuis longtemps déjà, votre couple dérange. Parce qu'une belle et brillante jeune femme n'a pas pu renoncer à tout pour se consacrer à son riche mari comme ca, sans être influencée. Ou vénale.
Parce qu'un séducteur avide de pouvoir n'a pu obtenir la totale dévotion de son épouse que par la tyrannie et la manipulation. Comme tous les pervers narcissiques.
Oui, les ragots vont bon train.
Alors quand s'installe chez vous un deuxième homme, aussi attirant que sulfureux, les esprits s'échauffent davantage. Et la disparition pour le moins suspecte de sa femme n'arrange rien. Bien au contraire. Pour vos voisins sont désormais réunis tous les ingrédients d'un drame conjugal qui pourrait bien vous mener à la mort. Vous aurez été prévenus.
Voilà, vous y êtes. Arrivés au point de rupture...



La femme aux fleurs de papier, Donato Carrisi
Depuis son premier livre, je suis une grande fan de Donato Carrisi. Alors, lorsque j'ai vu ce petit dernier, évidemment j'ai sauté dessus (sur le livre, pas sur l'auteur !). J'ai hâte de le lire !
Seuls deux sentiments font battre le cœur : l'amour et la peur. La nuit du 14 au 15 avril 1912, alors que le Titanic coulait au beau milieu de son voyage inaugural, un des passagers descendit à sa cabine de première classe, revêtit un smoking, et remonta sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il alluma un cigare et attendit la mort. Le 14 avril 1916 au soir dans les tranchées du mont Fumo, quatre ans jour pour jour après le naufrage du Titanic, un soldat italien est fait prisonnier. À moins qu'il ne révèle son nom et son grade, le soldat sera fusillé le lendemain à l'aube. Un médecin dénommé Roumann n'a qu'une nuit pour le faire parler. Débute le récit du prisonnier dont la vie repose désormais sur trois questions : Qui est-il ? Qui est Guzman ? Et qui était l'homme qui fumait sur le Titanic ? Cette nuit-là, le docteur Roumann entendra une vérité cachée dans l'abime d'une légende, découvrira l'existence d'un héros improbable et de son obsession, et deviendra le dépositaire d'une histoire qui a traversé le temps et défié la mort.



Mary Barton, Elizabeth Gaskell
Elizabeth Gaskell fait partie du top 10 de mes auteurs préférés, et je suis en train d'avancer, lentement mais sûrement, dans sa bibliographie. Ce roman m'attire énormément, pour son histoire d'abord mais aussi parce qu'est le premier roman qu'elle ait écrit.
Mary Barton, apprentie couturière, vit seule avec son père, ouvrier des filatures et syndicaliste aux positions radicales. Courtisée à la fois par Jem Wilson, le fils de l'ami de son père, qui souhaite l'épouser, et par Harry Carson, le fils du patron des filatures, elle rejette le premier avant de découvrir les mauvaises intentions du second à son égard. Lorsqu'Harry Carson est abattu par balle, tout désigne Jem comme le coupable. Mary se démène pour prouver son innocence.



Ça peut pas rater !, Gilles Legardinier

Un Gilles Legardinier, ça se dévore très vite et avec beaucoup de plaisirs ! Une histoire toujours aussi prenante, et un auteur que j'ai rencontré une nouvelle fois toujours aussi adorable !
- J'en ai ras le bol des mecs ! Vous me gonflez ! J'en ai plus qu'assez de vos sales coups ! C'est votre tour de souffrir !

Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d'un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu'au fond des enfers.
La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. A présent, c'est la méchante Marie qui est aux commandes. A partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m'étouffe, la haine me consume.



Et pour vous, mes Chatons, quels livres ont rejoints votre PAL ces jours ? N'oubliez pas que vous pouvez trouver la mienne ici, et n'hésitez pas à proposer des Lectures Communes !

26/08/2014

Cranford, d'Elizabeth Gaskell

Cranford

Elizabeth Gaskell



Que croyez-vous, Miss Matty, je vous le donne en mille ? Que croyez-vous ? Lady Glenmire va se marier - se remarier, pour être exacte - Lady Glenmire - Mr Hoggins - oui, Mr Hoggins va épouser Lady Glenmire !
- Se marier ! Se remarier ! nous écriâmes-nous.
Quelle folie ! - Figurez-vous que je me suis écriée : Se marier ! comme vous le faites ; et que j'ai ajouté : " Mais ma parole, Milady va se couvrir de ridicule ! " J'aurais pu dire, moi aussi : " Quelle folie ! " mais je me suis maîtrisée, car j'étais dans une boutique, lorsque j'ai appris la nouvelle.
Vraiment, on se demande où est passée la retenue de notre sexe ! Vous et moi, Miss Matty, nous aurions été bien honteuses de savoir que l'on parlait de notre mariage chez l'épicier, en présence du personnel !

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Après avoir lu Nord et Sud (gros coup de cœur, un livre doudou !) et Les amoureux de Sylvia (très bon), je me suis lancée dans un autre roman d'Elizabeth Gaskell.
Cranford est un petit village, où les femmes font les lois. L'arrivée d'un homme, le capitaine Brown, plonge toutes ces braves femmes dans la stupeur, notamment lorsque ce gentleman ne respecte ni les conventions ni les volontés des dames. Imaginez un peu leur surprise !
Après la lecture des œuvres précédemment cités, je m'attendais à adorer Cranford. Malheureusement, j'ai été un peu déçue. J'ai mis pas mal de temps avant de rentrer dans l'histoire, et c'est pourtant un récit assez court. J'ai trouvée quelques longueurs, quelques confusions parfois entre les personnages... Mais je n'allais sûrement pas abandonner ce livre ! Et j'ai bien fait de m'accrocher, car après ce début un peu difficile, je me suis prise au jeu, j'ai enfin accrochée aux personnages (spécialement à Miss Matty, comme beaucoup !) et je n'ai pas pu le lâcher.
Cranford, une fois plongée dedans, s'est révélée une petite histoire sympathique, où on peut suivre les petites péripéties quotidiennes d'un village perdu dans la campagne, et où les femmes respectables comme les matriarches, vieilles filles et autres veuves soucieuses des traditions font les lois et établissent les normes à respecter.
Elizabeth Gaskell a une plume particulièrement reconnaissable, elle présente un milieu à chaque fois différent mais toujours très intéressant, elle le présente avec ironie, intérêt, et beaucoup de profondeur.
Même si Cranford n'est pas celui que j'ai préféré de cette écrivaine talentueuse, il reste néanmoins un livre à lire, et dont j'aimerai entendre beaucoup plus parler, tout comme les autres livres de Mme Gaskell. Personnellement, je n'en reviens pas de découvrir ces romans seulement avec des conseils de blogueurs (ce qui m'arrive souvent), mais sans en avoir entendu parler pendant mes études. Certes, je n'ai pas fait des années et des années de fac ou autre cursus semblable, mais je suis quand même étonnée que les profs n'en aient jamais parlé, même en passant. Les auteurs comme Jane Austen, Elizabeth Gaskell ou les sœurs Brontë restent des références à faire connaître ! Est-ce que ça vous a fait la même chose ?
Fermeture de cette parenthèse littéraire, si vous ne connaissez pas Elizabeth Gaskell, je vous recommande de vous jeter sur ses livres ! Cranford n'est pas le livre d'Elizabeth Gaskell que je conseillerai pour découvrir cette auteure, mais à lire néanmoins pour découvrir une autre facette de son talent. Pour moi, Nord et Sud reste son meilleur, il est inégalable, mais les autres œuvres restent des pépites, des livres à lire absolument.
Et maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver la mini-adaptation de la BBC !




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14/06/2014

Nord et Sud, d'Elizabeth Gaskell

Nord et Sud


Elizabeth Gaskell






C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre.
Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Église et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord.
Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton.



Je découvre Elizabeth Gaskell avec un de ses romans les plus connus : Nord et Sud. Je n'ai pas été déçue du voyage !
Richard Hale est un pasteur, dans la paroisse d'Helstone. Pour des raisons morales et des doutes, il décide de quitter l'église et sa fonction. Cette décision va avoir des répercussions sur sa famille, notamment le fait d'aller vivre à Milton, une ville industrielle, mais aussi d'entraîner une perte de statut social, l'incompréhension de sa femme et, pour Margaret Hale, de devoir prendre plus en charge sa famille et surtout de s'habituer à une société et à un mode de vie très différent.
Margaret est le pilier de sa famille, qui a une part active dans les décisions et dans les confidences. Sérieuse, intelligente, elle murit davantage à Milton, une ville qui lui fait entrevoir des pensées et des vies différentes de tout ce qu'elle pouvait voir dans le Sud. D'une beauté qui ne répond pas aux canons de son temps, elle semble froide et méprisante pour ceux qui n'arrivent pas à passer outre sa réserve. Elle est fière, n'hésite pas à dire franchement son avis, et d'une très grande honnêteté, mais elle arrive à voir malgré tout au-dessus de ses préjugés. Une femme forte et intéressante, je l'ai apprécié dès le début !
L'autre personnage principal est, bien sûr, Mr John Thornton. C'est le patron des filatures de Malborough Mills, un homme comparé par certains à un bouledogue : il ne lâche jamais rien, ne se laisse pas détourner facilement. Après la ruine de son père, il a dû s'occuper de sa famille, ce qui m'a obligé à devenir le plus fort pour gagner, à être dur, tenace. Malgré la situation tendue entre ouvriers et patrons, il est respecté malgré tout, car il est honnête.
Les débuts de Margaret à Milton sont durs. Elle doit s'habituer à la vie différente d'Helstone, mais aussi à la misère et aux épreuves des ouvriers. Elle rencontre Thornton alors qu'il est l'élève de son père, devenu précepteur. Ils vont avoir des relations conflictuelles, elle le voit comme un homme dur et froid, tandis que lui, va la voir orgueilleuse et réservé. Mais Thornton, peu à peu, va apprécier et aimer Margaret davantage au fil de leur rencontre.
Nord et Sud, c'est le choc entre deux visions de l'Angleterre, entre le Sud rural et paisible, et le Nord, industriel et ardent. Margaret prend conscience d'une nouvelle forme de vie, elle s'implique dans le monde de l'industrie, en vivant avec les grèves, avec les amis qu'elle se fait parmi les ouvriers, avec les rapports qu'ils ont avec leurs patrons, et notamment John Thornton.
Comment j'en suis arrivé à lire ce roman d'Elizabeth Gaskell ? Un mélange de de choses. L'envie de lire davantage de classiques, mais aussi le fait que j'entende beaucoup de personnes le comparer à Orgueil et Préjugés, et enfin que la BBC l'ait adapté en mini-série (comment ça, y a Richard Armitage ? Non, non, ça ne joue absolument pas !). Je me suis plongée dans Nord et Sud avec une grande curiosité, pour en ressortir transportée ! Ce n'est pas un copier-coller d'Orgueil et Préjugés, ce qui pourrait s'en rapprocher est l'histoire d'amour tumultueuse et des personnages souvent séparés par les préjugés. Elizabeth Gaskell campe, à la différence de Jane Austen, son intrigue dans un contexte différent, dans le milieu de la classe ouvrière, décrit un monde plus large sans se cantonner seulement à un petit groupe ou à une famille.
Nord et Sud n'est pas qu'une histoire d'amour contrarié. A travers ce roman, on assiste à la bataille entre ouvriers et patrons, les revendications des travailleurs, tout un panel d'émotions au milieu de cette époque de l'Angleterre et de ce milieu que je ne connaissais pas très bien. Une histoire très bien amenée, avec des thèmes intéressants (le syndicalisme, la place des femmes, l'éducation), tout cela soutenus par des personnages avec une psychologie et une présence époustouflante ! Tous les personnages sont intéressants, bien développés, mais j'avoue être intéressée davantage par Margaret Hale et John Thornton, et pas seulement pour leur histoire d'amour. Ces deux personnages sont très différents l'un de

l'autre. Mr Thornton oscille entre l'amour et la colère, il décrit ses sentiments de façon très touchante, ce qui permet de mieux comprendre ce qu'il ressent, comment il en est arrivé là... Je me demandais si j'allais vraiment apprécier ce personnage, mais j'ai été finalement conquise, il est loin de l'image de petit patron injuste que j'imaginais ! Bref, il vient de rejoindre mon Top 10 d'hommes parfaits ! Quant à Margaret, j'ai pris plaisir à la voir évoluer dans ce nouveau monde, à tisser des liens avec notamment Nicholas Higgins et sa fille, mais aussi d'apprendre à connaitre Thornton, de s'impliquer dans les points de vue des grévistes, de connaître ce fossé entre ouvriers et patrons. On sait assez rapidement ce que Mr Thornton éprouve pour Margaret, tandis que de son côté les sentiments naissent peu à peu, lentement, et avant qu'elle ne s'en rende compte, elle découvre que l'avis de John Thornton compte pour elle.
Très profond, très bien écrit, intense, Nord et Sud est un immense coup de cœur, un véritable bijou ! Je pense que ça se voit que j'ai adorée ce roman, je ne peux que vous le conseiller vivement, c'est une excellent découverte ! Je pense maintenant m'intéresser de plus près aux autres œuvres d'Elizabeth Gaskell, une écrivaine que je vais commencer à suivre de très près avec grand plaisir.





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