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03/04/2023

Notre part de nuit, de Mariana Enriquez



Notre part de nuit - Mariana Enriquez






Editions Du Sous Sol - Points
19 Août 2021 - 13 Janvier 2023
25,00 € - 10,40 €

 








Un père et son fils traversent l'Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? À qui cherchent-ils à échapper ?
Le petit garçon s'appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d'un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d'une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle.
Un grand livre, où l'Histoire et le fantastique se conjuguent dans une même poésie de l'horreur et du gothique.




12/04/2021

Alex Verus, Tome 1, de Benedict Jacka


Alex Verus, Tome 1
Destinée




Benedict Jacka



Alex Verus vit à Londres et il est devin. Il peut voir le futur comme un faisceau de probabilités. Pour le commun des mortels, c'est un don impressionnant, mais pour les autres mages, c'est le bas de l'échelle des arts occultes.

De toute façon, Alex a tourné le dos à cette confrérie. Trop de rivalités, de secrets, de complots, trop de morts... Sa seule ambition est de mener une existence sans histoires, caché dans sa petite boutique d'accessoires pour magiciens amateurs. Dans l'arrière-salle, il continue à faire un peu de marché noir, c'est risqué mais le commerce des vrais objets magiques lui permet de payer le loyer.
Quand une relique puissante échoue entre ses mains, il se retrouve la proie des forces auxquelles il avait essayé d'échapper, forcé de choisir un camp dans une bataille qui le dépasse.
Voir le futur n'est pas toujours drôle, surtout quand le sien semble à ce point compromis.



23/02/2021

Là où chantent les écrevisses, de Délia Owens

Là où chantent les écrevisses - Délia Owens




Seuil
02 Janvier 2020
21.50 €







Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord.
Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection.
Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.
Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

01/02/2018

L'archipel d'une autre vie, de Andreï Makine

L'archipel d'une autre vie - Andreï Makine


Seuil - Points
18 Août 2016 - 24 Août 2017
18.00 € - 7.40 €









Aux confins de l'Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s'étendent des terres qui paraissent échapper à l'Histoire...
Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartzev et ses compagnons doivent capturer à travers l'immensité de la taïga ? C'est l'aventure de cette longue chasse à l'homme qui nous est contée dans ce puissant roman d'exploration. C'est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu'il poursuit. 

22/11/2017

Louise Beaulieu & Carrie Callan, Tome 2, de Fabio M. Mitchelli

Louise Beaulieu & Carrie Callan, Tome 2
Le tueur au miroir



Fabio M. Mitchelli








Fasciné par leurs tatouages, il les appâte avec son appareil photo, fige leurs désirs de starlettes sur du papier glacé, puis les tue et s'empare de ce qu'il convoite.
Le lendemain, on retrouve le corps de ces jeunes femmes sur les berges du Saint-Laurent, le pubis orné d'éclats de miroir et un morceau de peau découpé.
Pour piéger celui qu'à Montréal on appelle déjà « le tueur au miroir », il faut des flics borderline : Louise Beaulieu, qui se fiche des limites et des règles, et Carrie Callan, qui, sous son air bien sage, est un vrai pitbull. Des photographies à clé, un secret de famille, des messages cryptés... Le passé rattrape Louise. Désorientée, elle ment et triche.
Et Carrie soupçonne l'impensable : des liens entre l'enquêtrice québécoise et Singleton, le redoutable tueur en série qu'elles ont traqué ensemble un an auparavant.


22/11/2016

Louise Beaulieu & Carrie Callan, Tome 1, de Fabio M. Mitchelli

Louise Beaulieu & Carrie Callan, Tome 1
Une forêt obscure - Fabio M. Mitchelli


15 Septembre 2016
Robert Laffont
20 €



Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu'il torture, puis celles de son amant qu'il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin. Jusqu'à la forêt de Tongass, là où le mensonge corrode tout, là où les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.



Merci à Robert Laffont !
A Montréal, Luke diffuse plusieurs vidéos : d'abord les images des animaux qu'il torture, puis ensuite le meurtre de son amant à coups de pic de glace. Pour cette enquête, c'est Louise Beaulieu, flic bordeline, qui s'en charge. Ensuite, à Alaska, dans une petite ville, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc et amnésique. Pour celle-ci, c'est Carrie Callan qui s'en charge. Le lien entre les deux enquêtes ? Daniel Singleton, un tueur en série, qui tire les ficelles depuis sa cellule de prison. Les deux pistes de Louise et Carrie vont finir par se rejoindre, pour tenter de dévoiler la vérité...
Ayant apprécié ma lecture de La compassion du Diable, je ne pouvais pas laisser passer Une forêt obscure chez la Bête Noire ! Avec ce nouveau roman, Fabio M. Mitchelli nous entraîne sur la piste de deux tueurs inspirés de faits réels. Luka Rocco Magnotta a assassiné un homme au Canada et a diffusé la vidéo dans lequel il mutilait le cadavre de sa victime ; de son côté Robert Christian Hansen a été jugé coupable du meurtre et viol d'une vingtaine de femmes... De quoi mettre dans une ambiance bien glauque immédiatement !
Comme beaucoup de romans policiers, Fabio M. Mitchelli utilise ici deux flics, deux femmes dévastées, borderline, addicte aux jeux ou avec des soucis de famille. Malgré tout, malgré ces « caricatures », Une forêt obscure tire impeccablement son épingle du jeu ! Fabio M. Mitchelli réussit à faire de ces deux femmes des personnes attachantes, intéressantes et qui ont énormément de failles.
Mais l'aspect que j'ai le plus aimé, c'est la façon de mener l'enquête. On passe sans cesse d'une affaire à l'autre, d'une enquêtrice à une autre, mais c'est surtout le rythme est rapide et haletant, avec des rebondissements, et beaucoup de surprises ! Si vous aimez les polars sombres et glauques, vous ne serez pas déçus avec Une forêt obscure !
Très bien mené et stressant, c'est encore une bonne lecture chez la Bête Noire.



Chronique en + : l'avis de Les lectures de Mylène !








Challenge 50 romans en 2016

08/09/2016

La mésange et l'ogresse, de Harold Cobert

La Mésange et l'ogresse - Harold Cobert



18 Août 2016
Plon
20 €



22 juin 2004. Après un an d'interrogatoires, Monique Fourniret révèle une partie du parcours criminel de son mari, « l'Ogre des Ardennes ». Il sera condamné à la perpétuité. Celle que Michel Fourniret surnomme sa « mésange » reste un mystère : victime ou complice ? Instrument ou inspiratrice ? Mésange ou ogresse ?
Quoi de plus incompréhensible que le Mal quand il revêt des apparences humaines ?
En sondant les abysses psychiques de Monique Fourniret, en faisant résonner sa voix, jusqu'au tréfonds de la folie, dans un face à face tendu avec les enquêteurs qui la traquent, ce roman plonge au cœur du mal pour arriver, par la fiction et la littérature, au plus près de la glaçante vérité.



Merci à Plon !
Tirée d'une histoire réelle, La mésange et l'ogresse raconte de manière romancée la vie de Michel Fourniret, un violeur et tueur en série, ainsi que de sa femme, Monique Fourniret, sa complice présumée.
Les inspecteurs vont suivre cette affaire pendant des mois, tentant par tous les moyens possibles de faire craquer Fourniret et sa femme, d'obtenir des confessions, des aveux, afin de savoir exactement quelles sont les victimes et ainsi apporter un peu de paix aux familles. La mésange et l'ogresse tourne autour d'une seule question, primordiale : Monique Fourniret est-elle innocente ? A-t-elle participé aux actes aberrants orchestrés par son mari ? Est-elle une suiveuse ou l'investigatrice ? Qui est-elle ?
Harold Cobert s'inspire d'un fait divers réellement arrivé, il reprend les bases connues de cette enquête, mais de manière romancée. Il va évidemment changer tous les noms des victimes, de leurs familles et ceux des inspecteurs, par respect. Seul le nom des Fourniret reste. Au-delà des témoignages et de l'enquête, La mésange et l'ogresse nous permet de rentrer dans la tête de Monique Fourniret. Cette affaire n'a sans doute pas encore toutes les réponses, des victimes restent à découvrir, mais surtout nous pouvons nous poser des questions sur cette femme à l'apparence insignifiante, qui est sans doute beaucoup plus qu'une « simple » complice...
L'affaire Fourniret s'est partagé entre la Belgique et la France, étant donné que le tueur opérait dans les deux pays. C'est l'enquête d'une vie que de travailler sur un cas de ce genre, une affaire très complexe qui est loin d'avoir livré tous ses secrets malheureusement ! Car Michel Fourniret a avoué neuf meurtres, mais soupçonné de plusieurs autres. Ses actes visaient en particulier des jeunes filles mineures, dont certaines qui avaient 12 ans et 15 ans. J'ai pu lire certains témoignages ou descriptions de ses actes de l'époque, et je dois avouer que cela fait particulièrement froid dans le dos. La mésange et l'ogresse reprend parfaitement le caractère connu de Fourniret, que ce soit son caractère antisocial, son égocentricité et son manque d'empathie, son obsession de la virginité chez les femmes, le terme MSP signifiant « Membranes sur pattes », les « chasses » qu'il organisait pour trouver ses victimes...
La mésange et l'ogresse tient à la fois du témoignage et du roman, et rend parfaitement justice à l'enquête menée, aux faits connus et surtout à la peur qu’entraîne tout actes de ce type... Un livre glaçant, mais très bien écrit !



Chronique en + : l'avis de Joyeux Drille !





Challenge 50 romans en 2016

22/06/2016

Fredrik Beier, Tome 1, de Ingar Johnsrud

Fredrik Beier, Tome 1
Les adeptes


Ingar Johnsrud




Pour le commissaire Fredrik Beier, cette affaire s'annonçait comme une simple enquête de routine, dans sa vie monotone et procédurière : la disparition d'une jeune femme et de son fils, membres tous deux d'un groupe de fondamentalistes chrétiens, baptisé " La Lumière de Dieu ".
A ce détail près qu'il s'agissait de la fille de Kari Lise Wetre, une femme politique charismatique et très en vue au sein du parti social-démocrate norvégien. Et que ladite "Lumière de dieu", engagée dans une apparente vendetta religieuse, se révèle servir de paravent à de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains, dans le cadre de recherches scientifiques visant à perpétuer la pureté de la race blanche.


Merci à Robert Laffont !
Le commissaire Fredrik Beier devait travailler sur une affaire en apparence toute simple et classique : la disparition d'une jeune femme et de son fils. Mais en fouillant, il découvre que non seulement ils faisaient partis d'un groupe chrétien appelé « La Lumière de Dieu », mais aussi que c'est la fille d'une femme politique, à la tête du parti démocrate. Mais sous les airs innocents de ce groupe chrétien, il servirait en réalité à des expérimentations sur des êtres humains, visant à assurer la domination et la pureté de la « race blanche ». En plus de cette plongée dans la religion et l'expérimentation, Fredrik Beier doit en plus faire face à un sniper sans visage, à la collaboration avec l'Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais également à certains freins issus de ses collaborateurs.
Les Adeptes est une nouvelle lecture excellente de la part de la Bête Noire : que ce soit les différents thèmes abordés, la construction de l'enquête, le style de l'auteur, j'ai été emportée du début à la fin. Je pense que ceux qui ont appréciés la trilogie Millénium de Stieg Larsson devrait également appréciés Les Adeptes !
L'enquête se corse dès le début, avec notamment l'obligation d'avancer prudemment à cause du retentissement politique, mais aussi à cause du passé du pays. Ingar Johnsrud va se concentrer sur l'enquête principale de Fredrik Beier, tout en insérant quelques chapitres sur le passé, permettant d'élucider peu à peu quelques zones d'ombres.
Je tiens à signaler malgré tout que Les Adeptes est un roman assez complexe : il faut tout d'abord se souvenir de tous les noms à sonorité suédoise, mais aussi pouvoir se rappeler de tous les faits et autres petits détails qui émaillent l'enquête. Une fois pris par l'intrigue, c'est du bonheur ! Beaucoup de personnages, de nombreux rebondissements, des bonds entre le présent et le passé, et une intrigue complexe. Pour ce qui est des personnages, j'ai particulièrement apprécié celui de Kafa Iqbal, une jeune femme volontaire, capable et intéressante. J'ai eu au début plus de mal avec Fredrik Beier, mais il se dévoile peu à peu et devient plus intéressant au fil des pages.
Les Adeptes se finit avec une fin pour le moins ouverte, afin de nous préparer au second tome, que j'ai hâte de lire !



Fredrik Beier, Tome 1 : Les adeptes
Fredrik Beier, Tome 2 : Les survivants




Challenge : 50 romans en 2016

16/01/2016

Qu'il est bon d'être mauvais, de l'Odieux Connard

Qu'il est bon d'être mauvais

Odieux Connard




« Qu'il est bon d'être mauvais ». C'est le credo de l'Odieux Connard dont le blog compte déjà près de 4 millions de lecteurs.
Dans cet ouvrage, il persiste à signer des spoilers de films, tels Twilight en deux minutes, mais il s'interroge aussi sur des questions beaucoup plus pratiques : Comment parler le jeune ? Comment survivre au monde hostile d'une grande surface ? Faut-il coucher le premier soir ?
Ce livre est composé aux deux tiers de textes totalement inédits et d'articles cultes du blog.



Je connais l'Odieux Connard depuis quelques temps maintenant, grâce à son blog que je trouve parfaitement jouissif. Alors quand j'ai vu qu'il sortait un livre, je l'ai mis tout au haut de ma Wish-List. On peut aussi ajouter à ça la chronique plus que tentante de mon Bouchon préféré !
Sur le blog de l'Odieux, je suis particulièrement intéressée par les critiques (si acerbe) des films : plusieurs sagas (Batman, Terminator, Twilight...) sont ainsi résumées, il n'hésite pas à souligner et à pointer les grosses ficelles des blockbusters. Ce sont souvent des films que j'apprécie, mais la façon de les présenter est juste à mourir de rire ! Car il est vrai qu'un bon nombre de films reprennent les mêmes codes, ou utilisent des rebondissements plus gros qu'un Kraken déchainé. Qu'il est bon d'être mauvais regroupe donc certaines de ces critiques de films sous la forme de mini spoilers. Autant dire une des parties du livre que j'ai préféré !
Mais Qu'il est bon d'être mauvais ne se résume pas aux films ! Il y a également des parties sur l'enseignement (les profs, le bac, la salle de perm etc), sur les relations (faut-il coucher dès le premier soir, sur le harcèlement, la St Valentin ou la drague), sur la vie quotidienne (le train, les chats et les yorkshires, les nœuds de cravate) et sur la culture générale (la photo, les livres, comment devenir une blogueuse mode...). Qu'il est bon d'être mauvais se révèle être un petit livre très complet !
Je l'ai dévoré en une journée, lorsque j'étais dans les transports pour aller et revenir du boulot. Et je dois avouer que j'ai surpris plus d'un regard surpris et dubitatif sur moi lors de certains ricanements : « Juste Ciel, cette manante ne sait-elle donc point qu'elle est dans le RER ? Que nous sommes à Paris, où il ne fait bon ni rire ni sourire ? ». Mais baste, il est difficile de résister à l'Odieux Connard, sauf si évidement vous n'êtes pas réceptif à ce genre d'humour. Car clairement il faut être adapte de l'ironie et du second degré ! Ca a très bien marché pour moi, et j'en redemande ! Heureusement qu'une fois le livre fini il reste le blog, qui j'espère continuera d'être aussi bon et bien alimenté !
Mention spéciale à la page Facebook de Sauron, qui m'a valu une bonne crise de fou rire. Merci Odieux ! C'est peut-être un Connard, et un Odieux, mais il n'y en a pas deux comme lui !
Je ne peux que vous recommander l'Odieux Connard, son blog et son livre !



Il faut en effet rappeler que Satan lui-même a vendu toutes ses actions SNCF
reconnaissant qu'il était, je cite : « Cruel, mais faudrait voir à pas déconner ».



Sauron : Cher journal. Aujourd'hui, j'ai été une bonne tour et je suis resté immobile. Vivement demain pour une autre grande journée.
Orque 2413 : J'vous sens déprimé patron.



Chronique en + : l'avis de Smells Like Rock !

04/12/2015

Terminus Belz, d'Emmanuel Grand

Terminus Belz

Emmanuel Grand



Lu dans le cadre du challenge Un mois = Une consigne.
(Mois de décembre)



Enez Ar Droc'h. L'île des fous, comme l'appellent les locaux.
Pour Marko Voronine, clandestin traqué par la mafia roumaine, Belz semblait l'endroit idéal pour se faire oublier. Mais dans cette enclave portuaire, les étrangers ne sont pas aimés et Marko se brouille avec un marin, Jugand. Quelques jours plus tard, son cadavre mutilé est découvert.
Marko sait son temps compté et la fuite impossible.



Depuis le temps que je voulais connaitre Emmanuel Grand, je me lance enfin dans Terminus Belz !
Marko Voronine, accompagné de trois Ukrainiens, quittent leur pays dans un camion à destination de la France. Mais suite à de gros ennuis sur le chemin, ils sont obligés de se séparer, attirant sur eux la vengeance de la Mafia roumaine, qui voudra se venger pour l'affront, ainsi que le vol du camion et de l'argent.
Seul, Marko arrive en Bretagne et sur la petite ile de Belz, où il répond à une annonce pour un travail de pêcheur. Là où il espérait se fondre dans le monde, il attire l'attention et l'hostilité des autres marins, qui ne voit en lui qu'un étranger prêt à leur voler leur rare travail.

N'ayant jamais lu de livres d'Emmanuel Grand, je ne savais pas à quoi m'attendre avec Terminus Belz. Au final, c'est une très sympathique découverte ! Déjà pour le lieu : l'action se situant sur une petite île Bretonne, ça m'a un peu rappelée mes racines car je suis Normande. Et comme tout le monde le sait, il y a une vieille rivalité entre Normands et Bretons : je vous le dit tout de suite, le Mont Saint-Michel est à nous ! Mais aussi pour ce milieu de la pêche, entre entraide et rivalité ; pour le côté terrifiant de la Mafia prête à tout pour venger un affront ; et aussi pour ces légendes entourant l'île, avec celle de l'Ankou. Qui a véritablement tué le marin, et pour quelles raisons ?
Terminus Belz nous plonge dans une atmosphère très particulière, très bien décrite. Quant aux personnages, ils gagnent en épaisseur au fur et à mesure de l'action, devenant de plus en plus intéressant et vivant. Tous ont une particularité ou une histoire intéressante, on ne peut que rester captiver devant leurs vies. Surtout dans le cadre de cette Bretagne orageuse, empreinte d'histoires et de magie !
Pour une première lecture, Emmanuel Grand m'a énormément intéressée, et je suis curieuse de lire ses prochains romans !



Chronique en + : l'avis de Domiclire !

25/05/2015

Les amoureux de Sylvia, d'Elizabeth Gaskell

Les amoureux de Sylvia

Elizabeth Gaskell



1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la population, kidnappent de force pour servir le Roi.
L'héroïne, Sylvia Robson, seize ans, fille unique de fermiers locaux, est une jolie sauvageonne, follement aimée par son terne cousin, Philip Hepburn. Arrive un harponneur audacieux et généreux, qui tombe amoureux d'elle et chavire son cœur. Hélas, les recruteurs vont bouleverser ces vies... Le caractère de Sylvia, fait pour l'insouciance et la légèreté, se trempe et prend une envergure dont personne ne l'aurait cru capable.
Dans ce grand roman victorien, Elizabeth Gaskell montre les passions à l'œuvre chez des gens ordinaires, et décline sur plusieurs tons le thème de l'amour frustré. Plongés dans une tourmente qui les dépasse, les personnages sont livrés à la violence de leurs sentiments, qui fait écho à celle de l'Histoire.



Après ma découverte et mon immense coup de cœur pour Nord et Sud, je me suis plongée avec intérêt dans la suite de la biographie d'Elizabeth Gaskell.
En 1796. La guerre fait rage, notamment entre la France et l'Angleterre. Les provinces les plus éloignées d'Angleterre sont également touchées, notamment à travers la présence des sergents recruteurs, kidnappant de force tous les hommes en condition pour servir le Roi.
Sylvia Robson est au départ une jeune fille peu touchée par ces événements. Elle est plus attirée par sa vie quotidienne ou par le fait de se choisir un manteau neuf. Mais très vite, elle va se retrouver au cœur de la tourmente, notamment à cause des histoires de son père, des décès occasionnés par la guerre ou des disparitions à cause des recruteurs, mais surtout par son attirance envers Charley Kinraid, un baleinier. Une rencontre qui la changera pour longtemps !

Dès le début, Elizabeth Gaskell montre que son plus grand talent est d'écrire une histoire intéressante avec un contexte politique fort, discret mais bien présent. Mais surtout de décrire toute une vie, dans des décors magnifique, avec des personnages vraiment très nuancés et incroyablement intéressants.
Comme l'annonce le titre, Les Amoureux de Sylvia tournent beaucoup de Sylvia et de ses amours. Elle est très vite attirée par Charley Kinraid, d'abord une admiration de jeune fille pour un marin courageux, avant de se muer en sentiments plus tendres. De son côté, le baleinier semble également attiré par la jeune fille, mais est-il vraiment quelqu'un à qui on peut se fier ? Ces sentiments sont bien vus par son père, ancien marin, tandis que sa mère préférerait que sa fille épouse son cousin Philip, qui se meurt d'amour pour Sylvia. Que de romances contrariées !
Car si j'avais peur au début que ces histoires d'amour ne prennent trop de place, au contraire ! Une fois immergée dans le livre, on est autant interpellés par ces questions que par la vie plus quotidienne de Sylvia et par le contexte social de cette époque mouvementée. Car contrairement à Jane Austen, Elizabeth Gaskell, comme dans Nord et Sud, ne se contente pas de montrer un bel homme en uniforme qui fait craquer toutes les filles et une guerre vraiment très peu esquissée. Non, elle décrit avec habileté et beaucoup de profondeur tous les ravages de la guerre, les séparations, le deuil, l'horreur... Elizabeth Gaskell montre comment les personnes ordinaires pouvaient vivre en ce temps, cette guerre a touchée tout le monde et à différents degrés.
Je pense que si je n'avais pas autant aimé Nord et Sud, j'aurais eu davantage de mal à rentrer dans Les amoureux de Sylvia. La première centaine de pages demande une certaine adaptation avant de rentrer vraiment dans le récit. Même si ce n'est pas, au final, un coup de cœur, c'est quand même un roman qui m'a marquée et que je relirai avec plaisir. Si j'ai aimé, c'est parce qu'Elizabeth Gaskell reprend des éléments qui m'avait fait aimer Nord et Sud : l'amour contrarié, vraiment très différent ici et beaucoup plus sombre, un contexte politique dur et intéressant, mais surtout une histoire mouvementée et pleine de rebondissement. Les différents personnages sont également tous charismatiques, j'ai pris plaisir à suivre leur évolution. Notamment Sylvia, qui passe d'une gentille fille un peu écervelée à une jeune femme dure, presque brisée, mais capable d'aimer et de haïr passionnément, plus que ce que je ne l'en croyais capable au début ! Ensuite, Philip m'agaçait pas mal au début. Bon, il n'a pas la carrure d'un Mr Thornton, mais je dois avouer l'avoir apprécié de plus en plus au fil du roman. Mais tous évoluent, tous changent, tous sont différents les uns des autres, et tous sont intéressants !
Elizabeth Gaskell a une écriture et une plume que j'apprécie décidément de plus en plus, au fur et à mesure que je découvre ou relis ses romans. Elle se classe parmi mes auteurs classiques préférés, aux côtés de Jane Austen, les sœurs Brontë, Margaret Mitchell...
A lire !




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26/09/2014

Une terre d'ombre, de Ron Rash

Une terre d'ombre

Ron Rash







Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère, revenu amputé d'une main de la Première Guerre mondiale, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d'un vallon encaissé que les habitants de la ville voisine considèrent comme maudit car rien n'y pousse et les malheurs s'y accumulent.
Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu'une sorcière.
Sa vie bascule lorsqu'elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d'une flûte en argent.
L'action va inexorablement glisser de l'émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l'ignorance, à l'intolérance et à la peur d'une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.



Ma première découverte de Ron Rash.
Une terre d'ombre se passe en 1916, dans les Blue Moutains, à l'époque de la Grande Guerre. Hank Shelton est un survivant de cette guerre. Il va retourner chez lui, où l'attend sa sœur, Laurel Shelton, mais aussi une jeune femme qu'il veut épouser. Laurel est une jeune femme profondément marquée, surtout à cause de sa tâche de naissance au visage. Rejetée par ses voisins, elle passe pour une sorcière, habitante d'un vallon maudit. Un changement dans leur quotidien arrive avec un joueur de flûte muet, qui va apporter bien des bouleversements à leur vie.
Dans cette Amérique rurale, les préjugés ont la vie dure. Ron Rash va d'abord poser les bases de son histoire et de ses personnages, avant de développer son propos. Laurel et Hank sont vraiment captivants : chacun est blessé à sa manière. Hank physiquement et mentalement à cause de la guerre : il a perdu une main, mais aussi ses illusions sur la vie et la nature des hommes. Laurel est vue comme défigurée, considérée comme une sorcière qui apporte la malchance. Ses relations avec le voisinage sont donc pour le moins fraîche et tendus...
L'arrivée de cet étranger muet, appelé Walter, va alors être une bonne chose, du moins au début. Il va apporter non seulement une aide inestimable à la ferme et aider à la remettre en ordre, mais aussi donner de l'espoir à Laurel. Seulement, malgré tout le bonheur auquel la jeune femme a droit, rien n'est acquis. Elle va se heurter davantage aux villageois, malgré la présence de son frère, de Walter et de Slidell, un vieillard intelligent et sagace, ne va pas peut-être pas réussir à renverser la vapeur et à faire accepter la jeune femme.
Une terre d'ombre est vraiment une lecture captivante, je suis restée accrochée du début à la fin ! Il y a à la fois un côté très descriptif, notamment avec tous ces paysages, ces montagnes, le vallon maudit et ses ombres, avec le mode de vie d'un petit village perdu en montagne, avec les préjugés, les codes de conduite, les marques de la guerre... Mais aussi un côté de suspense, Ron Rash fait en sorte de toujours nous maintenir sur la brèche. Que ce soit avec les relations de Laurel avec son frère ou les villageois, on se demande toujours si elles vont finir par s'améliorer, ou sur l'identité et le passé du joueur de flûte. Du racisme et de l'incompréhension, des superstitions, les liens familiaux avec leurs non-dit, le patriotisme de convention... Il plane continuellement un brouillard épais dans Une terre d'ombre, marqué par quelques éclaircies et rayons de soleil fugace.
Pour une première lecture de l'univers de Ron Rash, c'est une excellente découverte et surprise ! Autant vous dire que je ne compte pas en rester là avec cet auteur. Une histoire intéressante et surtout bien menée, mais surtout une écriture vraiment magnifique. A lire d'urgence !



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05/09/2014

Nos disparus, de Tim Gautreaux

Nos disparus

Tim Gautreaux



Sam Simoneaux, dont la famille a été massacrée quand il avait six mois, débarque en France le jour de l'Armistice. De la Première Guerre, il ne connaîtra que le déminage des champs de bataille de l'Argonne.
De retour à La Nouvelle Orléans, devenu responsable d'étage aux grands magasins Krine, il ne peut empêcher l'enlèvement, quasiment sous ses yeux, de Lily Weller, 3 ans. Licencié, sommé par les parents Weller de retrouver leur enfant, il est embauché comme troisième lieutenant sur l'Ambassador, bateau à aubes qui sillonne le Mississippi.
Le roman se déploie alors le long du fleuve, scandé par la musique de jazz - orchestre noir, orchestre blanc et alcool à volonté.



J'avais déjà entendu parler de Tim Gautreaux avec Le dernier arbre, et j'ai sauté sur l'occasion de lire son dernier roman sorti.
Nos disparus raconte l'histoire de Sam Simoneaux, un homme qui a été profondément marqué dès l'enfance, lorsque sa famille est massacré à ses six mois. A l'âge adulte, on l'envoie en France le jour de l'Armistice afin de nettoyer les champs de bataille. Rentré traumatiser de cette expérience, il arrive quand même à mener sa vie avec sa femme et son travail de responsable d'étages dans un grand magasin.
Mais sa situation va encore empiré lorsqu'une petite fille, Lily Weller, est kidnappée pratiquement sous ses yeux. Face au désespoir et à la demande des parents, il va se lancer à la poursuite des ravisseurs, s'engageant pour ça comme lieutenant à bord de l'Ambassador, un bateau organisant des excursions sur le Mississippi, lui permettant de revisiter l'itinéraire des parents Weller, travaillant eux-mêmes sur ce bateau.
Cette quête va lui faire parcourir des paysages étonnants, le faisant voyager à travers la musique, les commerces d'enfants et la découverte de soi.

Nos disparus est une excellente découverte, un roman qui se dévore sans reprendre sans souffle ! Pègre, kidnapping, musique, bayous, vengeance, courage... Tim Gautreaux a vraiment fait fort, et j'en redemande. On va prendre place à bord de l'Ambassador, où les passagers sont grisés par la musique et l'alcool, bien décidés à s'amuser et à se bagarrer autant que possible. Sam va devoir à la fois contrôler la foule, jouer de la musique occasionnellement, aider l'équipage... Tout en ouvrant l'œil et l'oreille pour tenter de repérer des rumeurs concernant la petite disparue !
Sans l'avoir jamais vraiment rencontrée, il va s'attacher à cette fillette et à son destin, le décidant à la chercher et à s'enquérir de son sort. Il n'y avait nulle obligation, l'enlèvement n'était pas de sa faute, mais il traîne partout avec lui la culpabilité de ne pas avoir été assez rapide et assez attentif. Le chemin pour la retrouver va être long et semé d'embûche, à l'image du Mississippi souvent encombré par des bateaux ou des troncs d'arbres.
Nos disparus est ponctué de rebondissements, toujours l'envie d'aller voir plus loin, d'en savoir plus... Tim Gautreaux est définitivement un auteur que je vais suivre, que je vais conseiller et partager. Il nous décrit des hommes et des femmes ordinaires, souvent touchant, parfois repoussant, mais toujours avec cette touche d'humanité qui nous fait comprendre qui ils sont. Une écriture tout en délicatesse pour décrire un monde souvent très dur et choquant, mais bouleversant ! La manière d'écrire et l'histoire n'a pas été sans me rappeler un peu Ron Rash, un autre auteur que je vous recommande vivement – Ron Rash étant toutefois plus sombre !



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30/08/2014

Cette semaine en librairie... ≠02

Bonjour mes Chatons !
Nous voilà déjà samedi (week-end !!) et on se retrouve pour ce deuxième rendez-vous de « Cette semaine en librairies ». Comme la semaine dernière, je vous propose trois titres parus récemment de la rentrée littéraire. Tout de suite, voici les titres :


Canada, Richard Ford

Éditeur : Points
Date de parution : 21/08/2014
ISBN : 978 27 57 84 52 40

Nous sommes à Great Falls, Montana, en 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents commettent un hold-up, avec le fol espoir de rembourser ainsi un créancier menaçant. Mais le braquage échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite ou le placement dans un orphelinat.
Il choisit de fuir, passe la frontière du Canada et se retrouve dans le Saskatchewan. Il est alors recueilli par un homme, Remlinger, qui fait de lui son apprenti et son factotum. Remlinger est un « libertarien », adepte de la liberté individuelle intégrale, qui vit selon sa propre loi en organisant des chasses.
Canada est le récit de ces années d’apprentissage au sein d’une nature magnifique, parmi des hommes pour qui seule compte la force brutale, comme le montre l’épisode final, d’une incroyable violence. Des années plus tard, Dell, qui est devenu professeur à l’Université, se souvient de ces années qui l’ont marqué à jamais.


Terminus Radieux, Antoine Volodine

Éditeur : Seuil
Date de parution : 31/08/2014
ISBN : 978 20 21 13 90 44

Taïga sombre et immense, steppes infinies… La scène se passe d’abord après l’irradiation complète de la Sibérie et l’écroulement de la Deuxième Union soviétique, puis des siècles plus tard. La région, dévastée par des accidents nucléaires, est à jamais inhabitable.
Entourés de paysages grandioses, des soldats fantômes, des morts vivants et d’inquiétantes princesses s’obstinent à poursuivre le rêve soviétique. Désormais le centre du monde a un nom, Terminus radieux, un kolkhoze dont la pile atomique s’est enfoncée sous terre. Solovieï, le président du village, met ses pouvoirs surnaturels au service de son rêve de toute-puissance : vie et mort, amour éternel, renaissance. Assisté par l’immortelle Mémé Oudgoul, il règne en maître sur le destin des hommes et des femmes qui ont atterri là.
Non loin du kolkhoze passe une voie ferrée où circule un unique convoi, toujours le même. Prisonniers et militaires cherchent en vain le camp où leur errance prendra fin. Mais, là encore, Solovieï ordonne l’histoire. Il leur faudra attendre des milliers d’années pour que s’éteigne sa présence dans leur cauchemar.


Pas pleurer, Lydie Salvayre

Éditeur : Seuil
Date de parution : 21/08/2014
ISBN : 978 20 21 11 61 99

Deux voix entrelacées.
Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationaux avec la bénédiction de l’Église catholique contre les « mauvais pauvres ». Son pamphlet, Les Grands Cimetières sous la lune, fera bientôt scandale.
Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui, soixante-quinze ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours radieux de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, jours que l’adolescente qu’elle était vécut avec candeur et allégresse dans son village de haute Catalogne.
Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent, comme enchantées par l’art romanesque de Lydie Salvayre, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, portées par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée