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16/08/2017

La disparition de Josef Mengele, de Olivier Guez

La disparition de Josef Mengele - Olivier Guez




Grasset
16 Août 2017
18.50 €




1949 : ancien médecin SS à Auschwitz, coupable d'expérimentations atroces sur les déportés, Josef Mengele s'enfuit en Argentine.
1979 : après trente ans de traque, il meurt mystérieusement au Brésil.
Caché derrière divers pseudonymes, protégé par ses réseaux et par l'argent de sa famille, soutenu à Buenos Aires par une communauté qui rêve du Quatrième Reich, Mengele croit d'abord pouvoir s'inventer une nouvelle vie... En Allemagne, l'heure est à la reconstruction, l'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier. Mais la traque reprend. Avec l'aide de sympathisants, Mengele trouve un temps refuge au Brésil, auprès d'un couple de Hongrois, dans une ferme reculée. Son errance ne connaîtra plus de répit. De planque en planque, entouré d'une meute de chiens, perché sur le mirador qu'il a fait construire pour guetter les dangers qui le menacent, isolé, déguisé, dévoré d'angoisse, Mengele finira noyé sur une plage brésilienne.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet international trente ans durant ? De quelles complicités en Allemagne de l'Ouest et en Amérique du Sud a-t-il bénéficié ?


14/08/2017

Hugo de la nuit, de Bertrand Santini

Hugo de la nuit - Bertrand Santini


20 Avril 2016
Grasset Jeunesse
13.50 €






« L'oncle d'Hugo allait presser l'interrupteur de la lampe de chevet lorsque l'enfant le retint par la main.
- Attends... J'avais encore une question à te poser...
- Quoi donc ? sourit son oncle. -
Je me demandais... Tu penses qu'un mort, ça peut se déterrer tout seul ?
Son oncle écarquilla les yeux pour souligner l'absurdité de la question.
- « L'enfer est vide. Tous les démons sont parmi nous », dit-il dans un souffle.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- C'est du Shakespeare et cela signifie que les vivants sont plus à craindre que les morts. Hugo fronça les sourcils d'un air dubitatif. - Et sur ce constat d'épouvante, conclut Oscar dans un large sourire, je te souhaite de beaux rêves !
D'un clic, il éteignit la lampe de chevet. Hugo entendit ses pas s'éloigner dans le noir. La porte se referma sans bruit. Maintenant, la nuit pouvait commencer... »


08/01/2017

Nulle part, de Kalyan Ray

Nulle part - Kalyan Ray


20 Avril 2016
Grasset
23 €







Tout commence par la mort mystérieuse d'un couple au cœur d'une paisible résidence en Nouvelle-Angleterre, de nos jours. 
À moins que tout ne commence en réalité cent cinquante ans plus tôt, et un océan plus loin. Nous sommes en 1843, dans une Irlande ravagée par la famine. Padraig Aherne et Brendan McCarthaigh sont unis par une amitié que rien ne semblait pouvoir briser - jusqu'au jour où Padraig, contraint à l'exil, disparaît dans la nature, sans savoir qu'il laisse derrière lui une petite fille, née de ses amours illicites. 
C'est le début d'une fabuleuse odyssée de destins croisés, une épopée chevauchant continents et générations qui verra nos deux héros et leur descendance pris dans le tourbillon de la marche du monde. De l'indépendance de l'Irlande à la partition de l'Inde, des ghettos de l'Europe de l'Est aux toits de New York embrasés par un incendie meurtrier...




Merci à Grasset !
Nulle part commence de nos jours avec la mort d'un couple dans une résidence de Nouvelle-Angleterre. Kalyan Ray nous emmène ensuite en Irlande, mais 150 ans plus tôt, avec l'histoire de Padraig Aherne et Brendan McCarthaigh, deux amis liés par amitié inébranlable. C'est pourquoi lorsque Padraig est condamné à être exilé, Brendan est prêt à s'occuper et à aimer la fille de son ami. Une fille née d'un amour hors mariage, et dont il n'a jamais su l'existence...
Kalyan Ray, avec Nulle part, offre ici une histoire complexe, où les personnages sont pris par les remous du temps. Plusieurs destins, une épopée sur différents continents, qui nous fait passer de l'indépendance de l'Irlande à la vie en Inde, la vie en Europe de l'Est ou à New York. On peut dire que Nulle part nous fait vivre plusieurs vies dans seulement 500 pages !
Nulle part s'est révélé un gros coup de cœur, et je n'ai pas pu le lâcher avant d'avoir pu lire la page finale. Pourquoi ? Déjà pour Padraig et Brendan, deux personnages captivants, cabossés, mais prêts à tout pour vivre, survivre, et protéger les personnes qu'ils aiment. Les personnes qu'ils côtoient, leurs descendants, leurs ennemis, tous sont également magnifiquement bien décrits. On souffre et on rit avec eux, et j'aurais voulu rester plus longtemps en leur compagnie ! Mais la force de Nulle part ne se limite pas à ses personnages. Il y a également ces descriptions de paysages, qui m'ont donné encore plus envie d'aller visiter l'Irlande et l'Inde, mais aussi la possibilité de s'immerger dans un bain d'histoire. L'indépendance de l'Irlande est un fait historique connu, mais la façon dont elle était dépeinte ici m'a vraiment bouleversé et m'a donné envie d'en savoir plus. Tout comme les petits détails qui parsèment le roman et qui ne font qu'ajouter à son réalisme : la description de la vie courante, les grands bouleversements historiques, les métiers, la famine en Irlande, les troubles en Inde, la façon de voir le monde... Et encore beaucoup d'autres choses, tout est à la fois réaliste et bouleversant.
Il est difficile de résumer et décrire Nulle part, car je n'ai pas envie d'en dire trop mais suffisamment quand même pour donner envie de lire cette petite pépite littéraire. Je dirais simplement que c'est un roman magnifique, très dense, une réflexion à la fois sur l'identité et la crise des origines, c'est un roman qui transporte et bouleverse, nous fait vivre dans d'autres pays et découvrir d'autres mœurs...
Bref, un gros coup de cœur, et un roman que je conseille ABSOLUMENT !





Challenge 50 romans en 2016

28/07/2016

Pendaison à Cinder Bottom, de Glenn Taylor

Pendaison à Cinder Bottom - Glenn Taylor



11 Mai 2016
Grasset
22€






Ce 21 août 1910 devait être le dernier jour de leur vie. Au petit matin, Abe Baach et Goldie Toothman sont debout sur la potence. La corde autour du cou, ils attendent leur exécution.
Mais à peine ont-ils prononcé leurs ultimes paroles que soudain, tout bascule. Abe, surnommé le « Keystone Kid », est le plus grand joueur de poker de la Virginie-Occidentale ; Goldie, la tenancière de son plus fameux bordel. Sept ans plus tôt, les « amants terribles » des Appalaches ont été séparés ; accusé de tricherie par un ennemi jaloux qu'il a eu le tort de plumer aux cartes, Abe a été contraint à l'exil.
Mais le voici de retour auprès de sa belle, bien décidé à se venger de tous ceux qui ont voulu ternir son honneur, briser son couple et assassiner son frère. Entre deux duels au soleil, de saloons en maisons closes et d'arnaques en chevauchées fantastiques, s'ensuit une déferlante d'aventures et de rebondissements.




Merci à Grasset !
Tout commence par une pendaison, dans la petite ville de Cinder Bottom (vous ne vous y attendiez pas, hein ?). Nous sommes le 21 août 1910 : Abe Baach et Goldie Toothman attendent sur la potence pour leur exécution. Comme tous condamnés, ils ont le droit à de dernières paroles : c'est là qu'on découvre leur histoire.
Abe, surnommé Keystone Kid, est un grand joueur de poker ; sa compagne Goldie est tenancière de bordel. Ils ont été séparés un temps lorsque Abe a été contraint à l'exil pour avoir plumé un ennemi jaloux aux cartes. De retour dans sa ville natale, il décide de monter une vengeance pour venger la mort de son frère, son exil et le fait d'avoir voulu briser son couple.
Pendaison à Cinder Bottom est un livre qui me tentait énormément, surtout parce que j'avais entendu de bons échos sur son livre précédent, La ballade de gueule-tranchée, mais surtout parce que le résumé correspond tout à fait au genre de livres que j'aime. Mais malgré le résumé intéressant, j'avoue n'avoir pas réussi à me plonger totalement dans l'histoire... J'ai déjà mis énormément de temps avant de réussir à me plonger dedans (alors qu'il ne fait même pas 400 pages), l'histoire aurait mérité à la fois plus d'approfondissement – notamment pour les personnages – mais aussi d'avoir un rythme mieux maitrisé. On sent que Pendaison à Cinder Bottom est un livre qui se veut très cinématographique, mais qui ne réussit pas totalement à atteindre ce but, à mon avis.
Malgré un manque de détails et le temps que j'ai mis à me plonger dans Pendaison à Cinder Bottom, je ne trouve pas ce livre mauvais mais qui aurait pu être bien meilleur. La plume de Glenn Taylor (en tout cas la traduction) est très belle, j'ai véritablement eu l'impression d'être en 1910 et d'assister aux événements.
Donc à lire, malgré tout, mais cela va être aussi l'occasion pour moi de tenter d'autres histoires de l'auteur !



Chronique en + : l'avis de Léa Touch Book !






Challenge : 50 romans en 2016

28/06/2016

Les Ferrailleurs, Tome 2, de Edward Carey

Les Ferrailleurs, Tome 2
Le Faubourg

Edward Carey






Rien ne va plus depuis que le Château de l'extravagante famille Ferrayor a croulé sous l'assaut des objets rendus à la vie. Le jeune Clod, ayant perdu forme humaine, erre de ruelles en échoppes dans une ville ravagée par la crasse et la pauvreté ; sa complice Lucy Pennant, elle, est ensevelie sous les décombres du manoir, où elle fait la rencontre d'une créature aussi monstrueuse qu'attachante. Pourchassés, nos deux héros vont devoir se réunir pour déjouer les plans de Grand-Père Umbitt, qui règne en tyran sur le peuple asservi du Faubourg.


Ayant dévoré Le Château, je ne pouvais pas manquer Le Faubourg dès sa sortie !
Le Château des Ferrayor croule sous les objets revenus à la vie. Clod a perdu sa forme humaine et erre dans la ville, passant de main en main sous la forme d'une pièce de monnaie. De son côté, Lucy Pennant est ensevelie sous les décombres du château et fait la rencontre d'une créature monstrueuse et attachante. Les deux amis vont devoir se retrouver s'ils veulent stopper les plans du Grand-Père Umbitt, le tyran qui règne sur le peuple asservi des faubourgs...
Edward Carey m'avait enchanté avec Le Château, je n'espérais qu'une chose : retrouver la même magie dans Le Faubourg. Et ça été le cas ! Écrit et illustré par Edward Carey, Le Faubourg nous entraine de nouveau dans cet univers complexe et incroyable. Décrit dans ses moindres détails, dense, une histoire fascinante... Que du bon avec Les Ferrailleurs ! Le premier tome est un OLNI, la suite ne fait que confirmer cette tendance.
Les personnages sont tout aussi incroyables. Clod est timide, renfermé, mais il y a une volonté de fer cachée sous son apparence inoffensive ; de son côté, Lucy a un grand cœur caché sous un caractère dynamique et sûre d'elle. Quant aux autres Ferrayor, la plupart sont hautains, orgueilleux, et soucieux uniquement d'eux-mêmes. Le destin des habitants du faubourg ne les concerne aucunement, ils n'y prêtent aucune attention... Seuls quelques membres de cette famille ont des valeurs plus élevées, mais ce n'est malheureusement pas la majorité ! Grand-Père Umbitt en tête, ils sont bien déterminés à accroitre leur dominance.
Les Ferrailleurs est une excellente série, ces deux premiers tomes sont tout bonnement excellents. J'attends le troisième tome avec énormément d'impatience : une conclusion que j'espère à la hauteur des précédents !



Les Ferrailleurs, Tome 1 : Le Château
Les Ferrailleurs, Tome 2 : Le Faubourg




Challenge : 50 romans en 2016

02/02/2016

Oh la vache !, de David Duchovny

Oh la vache !

David Duchovny


Vous connaissez Emma Bovary ? Voici sa cousine américaine, une adorable petite vache au destin tout aussi romanesque.
Pour Elsie Bovary, le bonheur a toujours été dans le pré – jusqu'au jour où elle comprend qu'elle est vouée à finir en steak haché. Flanquée de deux complices, Shlomo le cochon converti au judaïsme et Tom le dindon qui voulait voir Istanbul, Elsie, déterminée à éviter l'abattoir, se lance dans un rocambolesque projet de Grande Évasion.



David Duchovny est principalement connu pour son rôle de Fox Mulder dans la série TV X-Files. J'avoue que c'est une série que je n'ai jamais regardée, mais j'ai été intriguée par ce livre.
Oh la vache ! nous raconte l'histoire d'Elsie Bovary, une petite vache tout ce qu'il y a de plus normale. Elle accepte sa vie, son destin, jusqu'au jour où elle voit à la télévision le destin véritable des vaches. Avoir des veaux ? OK. Se faire traire ? OK. Mais se faire tuer et se faire changer en steak haché ? Pas possible ! Elle décide donc de s'évader et d'aller jusqu'à un endroit où les vaches ne sont pas obligées de subir ce destin. Accompagnée de deux complices, Shlomo le cochon et Tom le dindon, Elsie se fait la belle et va voir du pays.
Si je me suis intéressée à Oh la vache !, ce n'est pas à cause de David Duchovny (ne le connaissant pas vraiment, je n'avais même pas tiltée à son nom), mais parce que le résumé nous laissait apercevoir ce qui pouvait être une histoire romanesque, enlevée et assez abracadabrante.
De ce point de vue, Oh la vache ! tient parfaitement ses promesses. C'est un petit livre léger, avec de l'humour et des scènes relevées. Cependant, j'avoue ne pas avoir pris autant plaisir à cette lecture que je l'espérais au départ. C'est frais et léger, certes, il y a également une certaine critique de la société derrière (notamment sur la consommation des hommes sur leur environnement), mais j'ai trouvé la forme assez lourde et le style pas spécialement original... Le fond de l'histoire est vraiment intéressant : cette critique de la société est parfaitement justifiée et c'est une cause qui mérite toujours qu'on la défende, mais le niveau d'écriture n'est pas suffisant (pour moi) pour rendre l'histoire intéressante du début à la fin. Oh la vache ! se lit vraiment vite et avec plaisir, mais c'est de mon côté un livre que je n'ai pas l'intention d'acheter en format papier et que j'oublierais probablement assez vite.
Donc, une lecture en demi-teinte pour ma part : agréable, divertissante, avec un message social fort, mais avec beaucoup de faiblesses, notamment sur le style d'écriture et la manière de raconter.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !





Challenge : 50 romans en 2016

18/06/2015

Le Cimetière des Livres Oubliés, Tome 1, de Carlos Ruiz Zafón

Le Cimetière des Livres Oubliés, Tome 1
L'Ombre du vent

Carlos Ruiz Zafón



Coup de



Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, « ville des prodiges » marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours.
Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.
L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers.

Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets, enterrés dans l'âme de la ville : L'Ombre du vent.



Prêt pour une plongée dans un univers particulier ?
L'Ombre du Vent se situe dans les années d'après-guerre, à Barcelone. Quelques temps après la fin de la guerre en 1945, Daniel Sempere est un jeune garçon. Se réveillant d'un cauchemar, Daniel est emmené par son père au Cimetière des Livres Oubliés, une immense bibliothèque secrète. Selon la tradition, chaque nouvel arrivant doit choisir un livre – et un seul – pour en prendre soin. Daniel va choisir L'Ombre du Vent de Julián Carax, qu'il va lire en une nuit. Fasciné par cet auteur qu'il ne connaissait pas, il va tenter de découvrir d'autres livres. Cependant, une personne mystérieuse du nom de Laïn Coubert semble avoir un pas d'avance sur lui et a réussi à obtenir tous les livres de Julián Carax pour les brûler...
Stimulé par ces énigmes, Daniel va se lancer dans une véritable enquête littéraire. Au cours des années suivantes, le petit garçon va grandir et devenir adolescent. Au cours de ces années, il va découvrir des éléments de la vie de Julián Carax, va vivre des amours et amitiés au cours du lycée, tomber amoureuse d'une femme plus âgée, et rencontrer Fermin Romero de Torres, un vagabond prétendant avoir été un espion, un agent secret et plus encore. Ému par ce personnage, Daniel va emmener Fermin à la librairie où il travaille avec son père, le convaincant d'embaucher Fermin. Qui va se révéler un extraordinaire libraire, capable de vendre et trouver n'importe quels livres ! Mais Daniel va faire une autre rencontre, beaucoup moins plaisante : l'inspecteur Fumero, ennemi acharné de Julián Carax.
L'Ombre du Vent est un de ces livres que j'ai découvert totalement par hasard. Je traînais dans une de mes librairies préférées lorsque j'ai été attirée par le livre. J'ai lu le résumé, et là je me suis dit : « Il me le FAUT ! ». Acheté et dévoré dès le lendemain ! Entre-temps, L'Ombre du Vent a été traduit en 36 langues différentes, est devenu un best-seller et a été vendu à plus de douze millions d'exemplaires. Et c'est totalement mérité ! C'est un de ces livres qui m'a vraiment marqué, et pour toujours. Je le relis régulièrement, et toujours avec le même plaisir et la même fascination. Comme le disais une critique : « lisez trois pages, vous ne pourrez plus vous en détacher. » Dès les premiers mots, j'ai été embarquée dans une histoire si merveilleuse que j'ai refermé le livre en pleurant. Il y a de l'amour, de l'amitié et de l'espoir, mais aussi de la souffrance, des drames et des désillusions. La vie, quoi ! L'Ombre du Vent est une véritable pépite, plus qu'un plaisir, c'est une révélation ! Roman d'apprentissage, quête de vérité, enquête... Carlos Ruiz Zafón sait parfaitement y faire pour nous emmener dans une histoire foisonnante, avec de multiples rebondissements et intrigues emboités les unes dans les autres, à la façon des poupées russes. L'Ombre du Vent sonne très juste et tient ses promesses jusqu'à la fin, qui se finit en apothéose.
Outre cette histoire magnifique, l'autre point fort tien également aux personnages. Le personnage principal, Daniel, que l'on suit de l'enfance à l'âge adulte, est un adolescent touchant, parfois énervant, mais auquel je me suis vraiment identifié, parce que j'ai pu réagir comme lui parfois ! Son père est l'un des plus touchant et les plus tristes, c'est celui qui m'a le plus ému. Il y a également des personnages de femmes très fort, que ce soit Bea, Nuria ou Clara. Chacune attachante à sa façon, j'ai une préférence pour Bea, très forte, déterminée, et en même temps très fragile parfois lorsqu'elle tomber son bouclier. Julian Carax est une énigme, on ne saura jamais tout de lui, même à la fin. Certaines révélations le concernant ont été étonnantes, surprenantes ou triste, on ne peut pas dire que sa vie ait été facile, mais cela l'a rendu encore plus complexe et intéressant. Mais LE personnage, c'est bien sûr Fermin Romero de Torres. Encore un dont la vie a été parsemé d'énigmes et de faits non résolus ! Il apporte une vraie touche de fraîcheur et de sagesse, il a toujours une sentence ou une vérité à la bouche, comme ces deux citations que j'apprécie particulièrement : « L'homme, en bon simien, est un animal social, et ce qui prime en lui c'est le copinage, le népotisme, le piston et le commérage comme mesure intrinsèque du comportement éthique. C'est purement biologique. », « Les gens caquettent à qui mieux mieux. L'homme ne descend pas du singe, il descend de la poule. » Donc un de mes personnages préférés !
L'ambiance est très particulière. Se situant après la guerre, il y a toujours cette brume de désespoir et de
découragement qui pèse sur la ville, aussi légère et présente que la brume. Mais Barcelone a également cette magie qui se fait sentir. Pour avoir déjà visitée cette ville, j'ai eu l'impression de m'y retrouver une nouvelle fois. Les décors se sont animés devant mes yeux, et je pouvais m'y promener aux côtés de Daniel et Fermin, ce qui m'a donné très envie de m'y rendre encore ! Une atmosphère parfois pesante, souvent sombre, et toujours magique ! On y rentre sans faillir, Carlos Ruiz Zafón est un magicien des mots et des sentiments, on ne peut que se laisser prendre ! Le lieu qui m'a le plus fascinée est le Cimetière des Livres Oubliés, et je me suis souvent surprise à chercher quelque chose de similaire à Paris, dans l'espoir un jour de tomber sur mon Cimetière, cette nécropole de livres où j'aurais le droit de choisir mon livre. La prochaine fois que je visiterai Barcelone, je me promènerai dans les traces de pas des personnages, pour retrouver un peu de cette magie.
L'Ombre du Vent est un livre magnifique, vibrant, et devenu un de mes livres de chevet. Je ne peux pas m'empêcher de le faire passer et découvrir au plus de personnes possibles, il ne faut surtout pas passer à côté de ce roman !
Que dire de plus sur L'Ombre du Vent ? Qu'il faut le lire, absolument, et TRÈS vite !


Il y a des prisons pires que les mots.


Les livres sont des miroirs, et l'on n'y voit que ce qu'on porte en soi-même.



Garde tes rêves.
Tu ne peux jamais savoir à quel moment tu en auras besoin.


L'art de la lecture meurt de mort lente, que c'est un rituel intime, qu'un livre est un miroir où nous trouvons seulement ce que nous portons déjà en nous, que lire est engager son esprit et son âme, des biens qui se font de plus en plus rares.



Le Cimetière des Livres Oubliés, Tome 1 : L'Ombre du vent
Le Cimetière des Livres Oubliés, Tome 2 : Le Jeu de l'ange
Le Cimetière des Livres Oubliés, Tome 3 : Le prisonnier du ciel



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09/06/2015

La Joueuse de Go, de Shan Sa

La Joueuse de Go

Shan Sa


Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoir sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise. Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go.
Place des Mille Vents, ses mains infaillibles manipulent les pions. Mélancolique mais fiévreuse, elle rêve d'un autre destin. « Le bonheur est un combat d'encerclement ». Sur le damier, elle bat tous ses prétendants.
Mais la joueuse ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais dur comme le métal, à peine plus âgé qu'elle, dévoué à l'utopie impérialiste.
Ils s'affrontent, ils s'aiment, dans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur qui tue, pille, torture.



La Joueuse de Go est ma première découverte de l'univers de Shan Sa. Publié en 2001, il reçoit le Prix Goncourt des lycéens la même année.
La Joueuse de Go alterne tout au long du récit deux points de vue. Une jeune lycéenne mandchoue, âgée de 16 ans. Initié au go par son cousin alors qu'elle était enfant, elle est depuis la seule femme admise dans le club installé Place des Mille Vents. Et un jeune officier japonais muté en Mandchourie. Dévoué à l'impérialisme, il n'a de cesse que de se battre et de mourir pour son pays et l'honneur.
Infiltrant un jour le club de go, il va commencer une partie avec la jeune fille, une partie où l'un ni l'autre n'avaient prévu les conséquences...
Lorsque j'ai commencé La Joueuse de Go, je ne connaissais pas du tout l'histoire ni l'auteur. Le résumé m'attirait énormément, donc je me suis lancée ! Un livre très court, qui se lit facilement. Deux personnages évoluent chacun dans leurs bulles et univers respectifs, qui vont finir par se croiser. Une jeune adolescente qui évolue, grandit, plus impliquée dans le jeu de go que dans les relations, elle découvre cependant des relations plus compliquées lorsque deux garçons et le soldat entrent dans sa vie. Le soldat est très différent, très dévoué à sa cause, mais qui essaiera de se remettre en question...
L'écriture de Shan Sa est vraiment très particulière, très poétique et vraiment très intéressante à suivre ! En outre, la division des chapitres entre les deux personnages principaux rend la cadence plus vive, on est plongé aussitôt dans les deux histoires, racontées toutes les deux à la première personne du singulier. Le contexte est en outre très intéressant (guerre dans les années 30, l'opposition entre la Chine et le Japon, avec toute la culture asiatique en arrière-plan).
La Joueuse de Go est un livre touchant, qui m'a profondément remuée. Plein de poésie et de sentiments, Shan Sa joue avec les émotions humaines : amour, haine, jalousie, amitié, confiance... Tout cela dans un monde dur et dépaysant !
Une excellente découverte, mon premier livre de Shan Sa, mais sûrement pas le dernier, loin de là ! Si vous ne connaissez pas, je vous recommande vivement cette auteure et ses œuvres !



Mourir, est-ce aussi léger que s'étonner ?

 
Il désire que je le rejoigne dans le monde des adultes,
sans savoir que ce monde-là, triste et vaniteux, m'effraie.




Je saurai maîtriser mon destin et me rendre heureuse. Le bonheur est un combat d'encerclement, un jeu de go. Je tuerai la douleur en l'étreignant.


Entre la mort et la lâcheté,
choisis sans hésiter la mort.



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06/05/2015

Les Ferrailleurs, Tome 1, de Edward Carey

Les Ferrailleurs, Tome 1
Le Château

Edward Carey



Au milieu d'un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d'objets trouvés et de bouts d'immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d'entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux...
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu'une jeune orpheline se présente à la porte du Château...


J'ai d'abord été attirée par la couverture, que je trouve absolument magnifique. Mais aussi par ce résumé, décidément très accrocheur.
A Londres, dans un océan de détritus, le Château est la demeure ancestrale des Ferrayor. Un gigantesque puzzle architectural, abritée depuis des générations par une famille plus qu'étrange. L'un de leurs rites est que chacun, à sa naissance, reçoit un objet particulier, et ne doit s'en séparer sous aucun prétexte. Nous allons suivre Clod Ferrayor, un jeune garçon de 15 ans, qui a la capacité d'écouter les objets parler. Sa vie devient encore plus bizarre le jour où une poignée de porte, l'objet de naissance de la tante Rosamund, disparait... Dans le même temps, une jeune orpheline, Lucy Pennant, est accueillie au château pour être une des nouvelles servantes.

Donc, deux personnages, deux histoires. Clod est en période d'attente, entre l'enfance et l'âge adulte. Il va bientôt porter un pantalon (réservé aux adultes) et se marier avec une de ses cousines éloignées. La famille Ferrayor ne se marie qu'avec des membres de sa famille et reste éloignée du « commun » des personnes. Avec son objet de naissance, une bonde nommée James Henry Hayward, le seul ami qu'il ait est son cousin, Tummis Ferrayor, jugé étrange parce qu'il collectionne les insectes et n'a toujours pas son pantalon d'adulte. Mais bientôt, l'arrivée de Lucy Pennant va tout bouleverser. C'est une jeune fille qui vivait dans un orphelinat, jusqu'à ce qu'on l'emmène au Château des Ferrayor en lui disant qu'elle a du sang impur de la famille et qu'elle doit être au service des sangs purs. Elle va devoir nettoyer le Château en compagnie des autres servantes, mais tout en restant très différente d'elles : elle a sa propre identité et ne se laisse pas engloutir par la personnalité des Ferrayor. La rencontre entre ces deux personnages va être pour le moins explosive, et leur relation est vraiment intéressante !
Comme je le disais, j'ai été attirée d'abord par le très beau visuel de ce livre, qui est presque un objet de décoration. Edward Carey, en plus de nous livrer une histoire fascinante, nous présente dans Les Ferrailleurs une belle collection d'illustration, faite par lui-même. Le lecteur va avoir droit à une galerie de portrait des personnages, en noir et blanc, nous montrant les personnages, très pâle et maladif, avec leur objet de naissance. Mais il y a également des illustrations du Château, ce qui permet de nous situer parfaitement dans les lieux et d'en savoir plus sur ce lieu mystérieux. Mais en plus Edward Carey présente non seulement des personnages et des lieux époustouflants, mais aussi quelque chose de bien plus profond. Les Ferrailleurs est une critique de la société anglaise, ni plus ni moins. Il y a des codes, des coutumes, ceux qui ne les respectent pas sont déchus de la société et de leur droit.
Le Château est un excellent premier tome, et je voudrais que la suite soit déjà là ! N'hésitez pas à vous y plonger, c'est une lecture passionnante.




Les Ferrailleurs, Tome 1 : Le Château
Les Ferrailleurs, Tome 2 : Le Faubourg



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03/04/2015

Famille Todd, Tome 1, de Kate Atkinson

Famille Todd, Tome 1
Une vie après l'autre

Kate Atkinson



11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt aussitôt.
11 février 1910 : Ursula Todd naît – et meurt, quelques minutes plus tard, le cordon ombilical enroulé autour du cou.
11 février 1910 : Ursula Todd naît – le cordon ombilical menace de l'étouffer, mais cette fois le médecin est là pour le couper, et Ursula survit...
Ursula naîtra et mourra de nombreuses fois encore – à cinq ans, noyée ; à douze ans dans un accident domestique ; ou encore à vingt ans, dans un café de Munich, juste après avoir tiré sur Adolf Hitler et changé ainsi, peut-être, la face du monde...
Si l'on avait la possibilité de changer le cours de l'histoire, souhaiterions-nous vraiment le faire ?



Une vie après l'autre est un titre que j'avais très envie de découvrir, déjà parce que je trouve la couverture de Grasset avec les roses vraiment magnifiques, mais aussi pour son résumé très intrigant !



Rien qu'au cours de l'année 1910, Ursula Todd va naître et mourir de plusieurs manières : mort-née, ou étranglée par son cordon... Mais lorsqu'elle survit finalement à sa naissance, elle va également mourir à de nombreuses reprises au cours de sa vie. Noyée, un accident domestique, maladie... Rien, ou presque, ne lui ait épargnée. De ces multiples vies va naître à chaque fois un destin, pas très différent dans le fond, mais toujours subtilement différent. N'ayez crainte, on ne revit pas la même vie inlassablement : il y a des similitudes parfois, des passerelles communes, mais il y a toujours quelque chose de différent. Des fois, elle se marie, à des enfants, d'autres fois non, elle change de métier, de pays... 

J'ai pris un grand plaisir à retrouver toutes ces petites ou grosses différences, à essayer de deviner dans quelles situations elle va se retrouver. Mais je préfère vous prévenir tout de suite : Une vie après l'autre est un roman très chargé en émotions, il y a peu de gaieté ou d'émotion, on traverse beaucoup de deuil. Ce qui n'est pas surprenant, étant donné qu'une grande partie de l'intrigue va se dérouler pendant la guerre. Mais Ursula ne va pas pouvoir se défaire de ses deuils plus personnels, la possibilité de naître plusieurs fois ne lui donne pas la chance d'intervenir sciemment sur son environnement. Mais les multiples vies qu'elle va connaître vont lui laisser des empreintes : des flash-back vont lui permettre, des fois, d'essayer de changer son destin. Sans savoir à quoi c'est dû, sans savoir où cela va la mener, elle va essayer de suivre son intuition. Parfois pour le meilleur et parfois pour le pire !

Une vie après l'autre est vraiment une excellente lecture et une merveilleuse découverte. Kate Atkinson a cette rare maître et cette subtilité, qui nous entraîne jusqu'au bout. Avec tous ces cercles dans le temps, je suis arrivée beaucoup trop vite à la fin, en croyant que l'histoire allait recommencer une nouvelle fois. Mais, malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin... Donc, une couverture et un résumé alléchant, mais Une vie après l'autre a-t-il tenu ses promesses ? Pour moi, plus que ça ! J'ai été embarquée par l'histoire racontée par Kate Atkinson, et je suis maintenant très curieuse de découvrir ses autres romans !






Famille Todd, Tome 1 : Une vie après l'autre
Famille Todd, Tome 2 : L'homme est un dieu en ruine