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10/10/2022

Genre Queer, de Maia Kobabe



Genre Queer - Maia Kobabe




Casterman
04 Mai 2022
19,00 €







« Je ne veux pas être une fille. Je ne veux pas non plus être un garçon. Je veux juste être moi-même ».
Dans Genre Queer, Maia Kobabe offre le récit intense et cathartique de son chemin vers l'identification en tant que personne genderqueer (ou non binaire, c'est-à-dire qui déroge aux normes de genre et de sexualité) et asexuelle, et celui de son coming-out auprès de sa famille et de la société.
Parce qu'elle traite d'identité de genre - ce que cela signifie, comment l'appréhender -, cette histoire se révèle un guide aussi nécessaire et utile qu'il est touchant.



05/08/2019

Nous qui n'existons pas, de Mélanie Fazi

Nous qui n'existons pas - Mélanie Fazi


Dystopia
01 Octobre 2018
10.00 €








« Est arrivé un jour où la fiction n'a pas suffi. »
Aussi curieux que cela puisse paraître, il me semble qu'une des forces de l'oeuvre de Mélanie Fazi est que précisément la fiction n'a jamais suffi. Qu'elle a toujours su trouver d'autres biais pour exprimer cette tension personnelle, intime, dont elle nous fait part dans ce livre, et qui est matière de toute sa création.
Extrait de la postface de Léo Henry.





29/05/2019

Les sautes d'humour de Jane Austen, de Dominique Enright

Les sautes d'humour de Jane Austen - Dominique Enright




Payot
01 Octobre 2014
12.00 €







Jane Austen (1775-1817) se considérait comme une auteure comique.
C'est son humour, allié à un solide bon sens, qui lui a permis de si bien décrire la nature humaine en général, même réduite à la gentry anglaise du début du XIXe siècle dans de jolis décors de maisons de campagne. C'est lui encore qui, sous couvert de belles histoires d'amour, explique que ses livres continuent d'être autant lus et qu'ils aient souvent été adaptés à l'écran.
Tirées de ses romans autant que de sa correspondance, les sautes d'humour de Jane Austen nous apprennent beaucoup sur cette célibataire espiègle et discrète qui ne cherchait pas la célébrité. Mais surtout, elles nous expliquent comment gouverner notre vie en conciliant raison et sentiments avec le sourire. Car plus que de bals et de modes, de livres et de lectures, il est question ici de mariages et de vanités, d'amitiés précieuses et de relations encombrantes.




13/02/2018

Ce soir, on regardera les étoiles, d’Alì Ehsani

Ce soir, on regardera les étoiles - Alì Ehsani



Belfond
01 Février 2018
21 €










La guerre, c'est le quotidien d'Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué.
Mais un soir, au retour de l'école, c'est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents. Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route.
Direction l'Iran, la Turquie, la Méditerranée, d'autres rives, à la recherche d'autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.

30/12/2017

Addict, de James Renner

Addict - James Renner


Sonatine
31 Août 2017
20 €




En 2004, la voiture accidentée d'une élève infirmière sans histoires, Maura Murray, est retrouvée à des centaines de kilomètres de chez elle.
Aucune trace de la jeune fille, qui était sur le point de se marier. Plus troublant encore, lorsqu'on ouvre son appartement, on constate qu'elle s'apprêtait à déménager, alors qu'elle n'en avait parlé à personne, ni à ses amies, ni à son futur mari, ni à sa famille. Quel était le secret de Maura ? Et qu'est-elle devenue ?
En 2010, l'affaire Murray, jamais résolue, n'intéresse plus grand monde sauf un homme très particulier, James Renner. Celui-ci a été victime, à l'âge de onze ans, d'un grave traumatisme : il est tombé fou amoureux d'une jeune fille de son âge en voyant sa photo affichée dans son quartier avec la mention « Portée disparue ».
Il en a conçu une obsession dévorante pour les crimes non résolus, qui l'a mené aux confins de la folie.

30/12/2016

Tokyo Vice, de Jake Adelstein

Tokyo Vice - Jake Adelstein


04 Février 2016
Marchialy
21 €




Quand Jake Adelstein intègre en 1993 le service Police-Justice du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun, il n'a que 24 ans et il est loin de maîtriser les codes de ce pays bien différent de son Missouri natal.
À Tokyo, il couvre en étroite collaboration avec la police les affaires liées à la prostitution et au crime organisé. Pour cela, il n'hésite pas à s'enfoncer dans les quartiers rouges de la capitale, dans les entrailles du vice et de la décadence. Approché par les yakuzas, il devient leur interlocuteur favori tout en restant un informateur précieux pour la police. Une position dangereuse, inédite et ambivalente, aux frontières du crime, qui incite Jake Adelstein à entrer dans un jeu dont il ne maîtrise pas les règles.
A mi-chemin entre le polar mafieux et l'enquête journalistique, Tokyo Vice est aussi le roman initiatique d'un jeune journaliste américain à Tokyo qui nous livre, avec beaucoup d'humour, un témoignage nerveux sur l'envers de la société nippone.





Tokyo Vice, ou une plongée dans la vie d'un des plus grands quotidiens japonais.
Jake Adelstein intègre le Yomiuri Shinbun en 1993, dans le service Police et Justice. Il va travailler sur les affaires liées à la prostitution et au crime organisé, n'hésitant pas à traiter avec la police et les yakuzas, devenant au fil des ans un excellent journaliste et informateur. Mais lorsqu'il a commencé à travailler pour ce journal, il n'avait que 24 ans, et les méthodes et codes des Japonais sont très différents de ceux utilisés dans le Missouri... Il faut apprendre les règles, et les apprendre vite si on ne veut pas se faire éjecter du métier, ou pire. Jake Adelstein a commencé son métier en couvrant des affaires mineures, allant des vols de sac à mains aux vendeurs à la sauvette, pour devenir ensuite un reporter sur les homicides, suicides et disparitions, puis en intégrant la brigade des mœurs et travaillant sur le crime organisé. Peu à peu, il s'est fait un nom, a accumulé les contacts et les histoires, à tel point que sa famille a dû un temps être placée sous la protection du FBI et lui-même sous protection d'un garde du corps !
Lorsque j'ai commencé Tokyo Vice, j'avais seulement été attirée par la couverture et je n'avais pas réalisé que ce roman était en réalité le fruit des enquêtes réelles de Jake Adelstein. Sous forme d'un roman, Jake Adelstein nous présente son autobiographie, sa vie depuis qu'il a commencé à travailler pour les journaux japonais. Et c'est pour ça que Tokyo Vice fait mouche ! Le sujet en lui-même est déjà passionnant, mais quand c'est en plus une histoire véridique, qui s'est réellement déroulée... Cela ne fait que rajouter du piment et de l'intérêt ! Car Jake Adelstein est loin d'avoir eu une vie ordinaire et sans ennui : blanchiment d'argent, yakuzas, crime organisé, greffe de foie, et ce n'est qu'un échantillon des sujets traités ici.
Jake Adelstein va traiter dans Tokyo Vice tout son apprentissage au métier de journaliste d'investigation, son intégration à la société japonaise (pas évidente pour un gaijin !), ses enquêtes sur le commerce sexuel, son affrontement avec une des plus grosses organisations de yakuzas, et de manière générale tout le côté « sombre » de la vie au Japon. Tokyo Vice est un gros livre, qui ne se lit pas en un clin d'œil tant il y a de données à assimiler, mais qui n'ai jamais ennuyeux. C'est un témoignage qui se lit comme un roman policier, et qui ne peut que passionner, surtout les personnes intéressées par le journalisme ou la vie au Japon, particulièrement bien dépeinte.
Un livre que je ne peux que recommander !




Chronique en + : l'avis de Quentin lit !








Challenge 50 romans en 2016

04/12/2016

Positive, de Paige Rawl

Positive - Paige Rawl


26 Octobre 2016
Hachette
17 €



Paige Rawl est une adolescente rayonnante. Pom-pom girl, footballeuse, excellente élève, tout semble lui réussir.
Jusqu'au jour où elle révèle son secret à sa meilleure amie : elle est séropositive, sa mère lui a transmis le HIV. Dans les heures qui suivent, le harcèlement commence. Ses camarades laissent des mots cruels dans son casier. Ils chuchotent sur son passage. Paige ne s'est jamais sentie aussi seule. Pour la première fois, elle ne sourit plus.
Cela aurait pu être la fin de son histoire. Mais cela en était le début.



Merci à Hachette !
Paige Rawl est une adolescente que rien ne distingue des autres, à priori. Elle est belle, rayonnante, bonne élève et pom-pom girl. Seulement voilà, elle est séropositive depuis sa naissance, sa mère lui ayant transmis le VIH in-utéro. Lorsqu'elle révèle sa condition à sa meilleure amie, le harcèlement commence. Peu de personnes prennent la peine de discuter de cela avec elle, les enseignants ne la protègent pas de ses camarades, et l'administration va jusqu'à lui demander de cacher et dénier le fait qu'elle est séropositive. Belle mentalité, bravo !
Dans Positive, Paige raconte comment s'est passé le début de sa vie, avec les visites fréquentes à l'hôpital et les prises de médicaments, puis le harcèlement scolaire dont elle a été victime et comment elle a réussi à dépasser la dépression occasionnée. Avec ce texte, on s'aperçoit que le Sida est encore très mal connu et qu'il peut entraîner beaucoup de réactions, la plupart suscitée par la peur et l'ignorance. Car si une personne est séropositive, cela ne signifie pas qu'elle a le Sida. Le VIH est un rétrovirus responsable du Sida, qui est le dernier stade de l'infection. Il existe des traitements luttant contre le VIH et qui permet de retarder l'apparition du Sida, un traitement pris par Paige.
Positive est un livre qui m'a profondément ému, tout comme l'avait fait N'essuie jamais de larmes sans gants, un livre traitant également du Sida. Malgré les avancées et les études menées sur cette maladie, on se rend vite compte que les mentalités n'ont guère évoluées malheureusement... Il y a plus de prévention, d'explication, mais cela ne suffit pas apparemment ! Car malgré tous les efforts déployés, l'ignorance et la peur reste seul maître lorsqu'on en arrive à cette maladie. Le fait que de jeunes adolescents soit aussi mauvais vis-à-vis d'une personne atteinte de cette maladie n'est pas excusable, mais cela l'est encore moins lorsque des adultes réagissent pareils que des ados. Non seulement les adultes sont censés montrer l'exemple, se renseigner, informer et soutenir, mais dans le cas de Paige ils se sont comportés de la manière inverse. Pas tous les adultes, heureusement, mais une grande majorité. Ce qui fait froid dans le dos, et ne permet pas d'être confiance en notre entourage... Comment peut-on espérer qu'une femme gère à la fois une maladie très lourde mais aussi les réactions incroyablement mauvaises de son entourage ?
Positive va aborder le sujet de la maladie, de l'incompréhension, du harcèlement, du rejet, mais heureusement pour Paige, il y a quand même du bonheur. Non seulement grâce au soutien de sa mère, mais aussi grâce à certaines personnes ouvertes d'esprit et bien informés qui vont l'aider tout au long de son chemin.
Je dois avouer que j'ai eu très souvent les larmes aux yeux au cours de ma lecture, et malgré le fait que je sois au courant de la petitesse d'esprit des gens, les réactions de certaines personnes qu'elle rencontre m'a littéralement écœurée. Hou hou, les gens, ON EST EN 2016 ! On est censés être UN PEU ouvert et tolérant, on n'est plus au Moyen-Âge ! Je vous jure, il y a des baffes qui se perdent...
Témoignage, autobiographie, Positive est un livre à mettre dans toutes les mains, que ce soit celles des adultes ou des adolescents, et surtout un livre que j'aimerais voir dans les listes de lecture des établissements scolaires !
Un livre bouleversant que je recommande absolument !



Chronique en + : l'avis de Un Monde Livresque et de Bettie Rose Books !








Challenge 50 romans en 2016

24/07/2016

M pour Mabel, d'Helen Macdonald

M pour Mabel - Helen Macdonald



25 Août 2016
Fleuve
19€90




Enfant, Helen rêvait d'être fauconnier. Elle nourrit des années durant son rêve par la lecture.
Devenue adulte, elle va avoir l'occasion de le réaliser. De manière brutale et inattendue, son père, journaliste qui a marqué profondément sa vision du monde, s'effondre un matin dans la rue. Terrassée par le chagrin, passant par toutes les phases du deuil, le déni, la colère, la tristesse, Helen va entreprendre un long voyage physique et métaphysique.
Elle va se procurer un rapace de huit semaines, le plus sauvage de son espèce, Mabel. Réputé impossible à apprivoiser. Elle va s'isoler du monde, de la ville, des hommes. Et emprunter un chemin étonnant.




Merci à Fleuve !
M pour Mabel est l'autobiographie d'Helen Macdonald, sur une certaine période de sa vie. Son père vient de mourir : dévastée par cette mort soudaine, Helen va passer par toutes les passes du chagrin et du deuil. Une des décisions qu'elle prend est de changer de domaine en fauconnerie. Laissant les rapaces dont elle s'occupe normalement, elle décide de s'occuper d'un autour, réputé pour être un des rapaces les plus sauvages et les plus difficiles à apprivoiser. Cet autour, une femelle qu'elle a nommée Mabel, va lui permettre de se recentrer, se concentrer sur elle-même et l'aider à sortir de sa spirale de chagrin.
M pour Mabel est un livre qui me tentait énormément, surtout grâce à sa couverture et son résumé. Etant petite, j'avais envie de devenir beaucoup de choses, comme pirate, samouraï, photographe... Ou fauconnière ! Ce n'était pas tant de devenir fauconnière pour élever des rapaces, et les garder comme des animaux domestiques, mais plutôt recueillir les blessés, les aider à se rétablir et à pouvoir chasser de nouveau, avant de les relâcher dans leur milieu naturel. Les rapaces sont des animaux qui m'ont toujours fasciné, car malgré le fait que certains vivent aux côtés de l'homme, je trouve qu'il garde cette nature sauvage, non-domestiqué... Contrairement aux animaux domestiques comme les chiens, chats, lapins, chevaux, etc, les rapaces m'ont toujours paru gardés une grande indépendance et une pureté sauvage.
Ce livre entremêle deux histoires : celle d'Helen, bien sûr, mais aussi celle d'un homme, T.H White, qui raconte comment il a élevé son autour, décrit son expérience dans un livre, un livre qu'Helen va redécouvrir, étant donné que c'est un livre qui l'a énormément frappé étant enfant. Je préfère prévenir tout de suite : M pour Mabel emploie beaucoup de langage technique sur le dressage des rapaces, le matériel utilisé, à leur quotidien... Il y a également de nombreux passages qui se veulent philosophiques, ou en tout cas transmettre les pensées de l'auteure sur la vie, sur sa vision du monde. Mais Helen Macdonald écrit aussi beaucoup sur ses états d'âme, sur ses pensées, ses souvenirs : souvent fragile, le fait d'avoir perdu son père la pousse à se concentrer sur elle-même et sur son faucon, la faisant devenir presque misanthrope.
M pour Mabel est un roman que j'ai trouvé intéressant dans sa construction, dans son sujet. Malgré le fait que certaines personnes ne devraient pas avoir le droit de s'occuper d'un rapace (ou de n'importe quel animal), le thème de la fauconnerie m'a quand même fasciné. Paradoxalement, je préfèrerais que ces animaux soient libres, qu'ils puissent voler et chasser à leur convenance sans dépendre d'un être humain... Mais pourtant, c'est quelque chose que j'aimerai pratiquer ! Avec respect, dans des limites strictes et si possible seulement pour aider l'oiseau.
M pour Mabel est un ouvrage intéressant.



Tomber amoureux est une expérience de désolation,
sauf lorsqu'on tombe amoureux d'un paysage.



Quand vous êtes brisé, vous vous mettez à courir droit devant vous.
Mais pas toujours pour vous enfuir. Parfois, vous vous précipitez
désespérément vers quelque chose.






Challenge : 50 romans en 2016

12/02/2016

Je te pardonne, papa, de Lizzie McGlynn

Je te pardonne, papa

Lizzie McGlynn



Lizzie, 4 ans, grandit en croyant que la violence est la norme.
Comme ses frères et sœurs, elle subit chaque jour les accès de rage de son père et accumule bleus et cicatrices. À 11 ans, elle plonge un peu plus dans l'horreur : après sa faillite, son père sombre dans l'alcoolisme et transforme la petite fille en esclave sexuelle. Sa mère laisse faire et les autorités restent sourdes...



Je suis toujours très intéressée par ce genre de témoignage, donc je n'ai pas hésité à me plonger dans cette lecture !
Lizzie McGlynn avait 4 ans lorsque l'horreur de sa vie familiale a véritablement débutée. Grandissant avec ses frères et sœurs, elle croyait que la violence était le lot quotidien de chaque enfant. Coups, insultes, puis esclave sexuel... Elle n'avait aucun point de repère, aucune manière de se protéger ou de réaliser que c'est loin d'être la norme. Lorsqu'elle avait 11 ans, son père sombre dans l'alcoolisme et fait passer l'horreur à un tout autre niveau. Sa mère ne veut pas ou ne réalise pas ce qui se passe dans son foyer, et surtout il n'y a aucune aide de la part des services sociaux ou des autorités.
Je te pardonne, papa est un livre absolument touchant, bouleversant et choquant. Lizzie McGlynn nous raconte sa vie, depuis son enfance jusqu'à l'âge adulte, et décrivant sans fard tout ce qu'elle a enduré. On voit souvent aux informations les victimes des guerres, des attentats... Mais où sont toutes ces victimes, qui endurent tous les jours les pires sévices de la part des personnes qui devraient les protéger ? Le vécu de Lizzie McGlynn est absolument terrifiant et je me suis souvent demandé comment était-ce possible que certaines personnes doivent encore endurer ces sévices de nos jours... Mais également, tout au long de ce témoignage, la question qui me venait le plus souvent est si j'aurais été capable de voir ces événements et surtout de faire quelque chose. Car le tout n'est pas de s'en apercevoir, mais c'est aussi de trouver le courage de s'opposer et de dénoncer. Mais se retrouver devant un adulte, un homme violent, capable non seulement de faire vivre l'enfer à sa famille mais aussi de menacer et frapper ou même tromper les personnes extérieures, cela fait réfléchir. Les dénonciations anonymes existent, mais après comment faire pour obliger les services sociaux à s'en préoccuper ? Et surtout comment faire pour convaincre les personnes victimes de maltraitance à témoigner, surtout face à la recrudescence de violence que cela peut engendrer si elles ne sont pas crues ?
Lizzie McGlynn a eu une vie incroyable, terrifiante très souvent, mais je vous conseille quand même la lecture de son témoignage, très révélateur et bouleversant ! Je te pardonne, papa n'est pas facile à lire, mais c'est une lecture nécessaire. Nécessaire afin de montrer la réalité de certaines personnes, comment la violence familiale peut encore faire des ravages considérables et surtout pour ouvrir les yeux et essayer de ne pas reproduire certaines erreurs.
Choquant et émouvant, Je te pardonne, papa est une autobiographie que je vous conseille.




Je ne pense pas que l'on puisse entièrement se remettre d'avoir été un enfant maltraité.
Si vous avez de la chance, vous apprenez à vivre avec. Mais cela vous poursuit toute votre vie,
d'une manière ou d'une autre, et cela déteint sur tous les aspects de l'existence.



Les enfants maltraités grandissent avec l'idée qu'ils n'ont aucune valeur,
qu'ils ne sont là que pour être utilisés par les autres de la manière qui leur plaira.

23/10/2014

Je suis né un jour bleu, de Daniel Tammet

Je suis né un jour bleu : À l'intérieur du cerveau extraordinaire d'un savant autiste

Daniel Tammet







« Je suis né le 31 janvier 1979. Un mercredi. Je le sais parce que dans mon esprit, le 31 janvier 1979 est bleu. » Daniel Tammet est un autiste savant aux capacités hors du commun, un génie des nombres.
Il a ainsi mémorisé les 22 514 premières décimales de pi, parle sept langues et a appris l'islandais en quatre jours. Pour lui, les nombres sont des formes et des couleurs.
Dans ce témoignage plein d'espoir, il explique comment il a mis toute son énergie pour sortir de ces ténèbres qui l'ont longtemps coupé du monde et comment il a réussi à se socialiser. Un voyage en couleur qui entrouvre la prison de l'autisme.


Je suis né un jour bleu est le premier livre que je lis de Daniel Tammet. C'est un témoignage où l'auteur décrit une grande partie de sa vie, avec les conséquences qu'implique d'être atteint du syndrome d'Asperger, une forme assez forte d'autisme.
Daniel Tammet est l'aîné de neuf enfants, issu d'une famille peu aisé du sud de l'Angleterre. Il est diagnostiqué autiste Asperger à 29 ans, les particularités de cet autisme est d'avoir des capacités de communication relativement « normales », ce qui différencie l'Asperger des autres formes d'autismes, mais aussi de développer très souvent une synesthésie et des aptitudes extraordinaires dans tout ce qui est nombres et langues.
L'Asperger peut être un autisme moins lourd que certains, il reste quand même très dur de vivre avec cette particularité au quotidien, différents selon chacun. Sa différence va générer des épreuves auxquelles il devra s'accommoder, comme l'incompréhension des personnes et sa propre incompréhension du monde qui l'entoure, son hyper-sensibilité... Souvent, ce sont les nombres qui vont l'aider à faire face : se calmer dans des situations de crises, comprendre et ressentir de l'empathie vis-à-vis des émotions de ses proches.
Avec Je suis né un jour bleu, Daniel Tammet réussit à entraîner le lecteur dans son monde si particulier. De

sa naissance jusqu'à l'âge adulte, on suit sa vie de famille, sa vie amoureuse, ses craintes devant des événements imprévus ou les faits quotidiens de la vie de tous les jours, car même les plus petits détails peuvent se révéler ardus (retrouver son chemin, faire ses lacets...). La grande force de Daniel Tammet est de retranscrire son expérience et son vécue, de pouvoir nous entraîner dans l'univers très particulier vécus par un savant autiste, un monde qui n'est pas facilement abordable, et difficilement compris par les chercheurs.
Pour aider la science et pour mieux faire comprendre l'univers de l'autisme, Daniel Tammet a accepté de tourner un film, de répondre aux questions de scientifiques, et de nous ouvrir les portes de son esprit grâce à ses livres. Ses facultés sont étonnantes : il parle douze langues couramment (dont le français, l'espagnol, l'espéranto), il a inventé sa propre langue, le Mänti, a appris l'islandais en une semaine, a récité les 22 514 décimales de Pi en 5 heures... Mais sa plus grande faculté est de pouvoir expliquer ce qui se passe en lui !
Je ne sais pas si j'arriverais à retranscrire exactement les sentiments que ce témoignage a suscité en moi, mais simplement l'histoire de Daniel Tammet est passionnante et touchante ! Ses expériences, ses différences, ses capacités et ses difficultés, il réussit à tout retranscrire avec passion et sensibilité. Peut-être atteint d'autisme, mais il a la chance d'être indépendant et de pouvoir mener sa vie comme il l'entend, Daniel Tammet sait sensibiliser à cette « maladie » qui peut s'avérer très grave, que ce soit pour la personne elle-même ou pour son entourage. Mais il montre aussi qu'on peut être autiste et heureux, que l'on peut réussir à trouver sa place dans la vie, malgré les handicaps, malgré les différences, malgré le poids du regard des autres.
Cette autobiographie est véritablement bouleversante, elle permet de mieux se rendre compte du chemin traversée, mais aussi et surtout l'espoir et l'amour sont vraiment présents tout au long du livre. Daniel Tammet sait y faire pour partager son envie de vivre, de mieux se comprendre et le monde qui l'entoure, de pouvoir évoluer mais aussi l'amour de son entourage, ses parents sans qui il ne serait peut-être pas arrivé là, sans les amis qui l'ont aidé...
Je suis né un jour bleu est un témoignage fascinant et bouleversant, je ne peux que vous le recommander vivement !



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